Heurts autour d'al-Aqsa: Ra'am suspend sa participation à la coalition israélienne

·3 min de lecture

C'est une très mauvaise nouvelle pour le gouvernement du Premier ministre israélien Naftali Bennett, qui avait déjà perdu sa majorité parlementaire. Le parti islamique Ra'am a décidé de suspendre sa participation à la coalition ce dimanche, après que la police israélienne, pour la seconde fois en 48 heures, a pénétré en force sur l'esplanade des Mosquées dans la vieille ville de Jérusalem.

Pour la seconde fois en 48 heures, la police israélienne a pénétré en force sur l'esplanade des Mosquées ce dimanche, dans la vieille ville de Jérusalem.

Elle a fait usage de balles en caoutchouc, de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, pour repousser quelques centaines de manifestants, dont beaucoup étaient masqués et armés de barres de fer, explique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul.

Tout a commencé tôt ce dimanche. Selon la police israélienne, des Palestiniens ont commencé à amasser des pierres à l'aube. Les forces de l'ordre estiment être intervenues pour, précisément, « rétablir l'ordre ».

Selon les Palestiniens, c'est la police qui a fait irruption de nouveau sur l'esplanade des Mosquées, ainsi que plusieurs groupes de visiteurs juifs, espérant prier sur place.

►Écouter aussi : « Il y a un niveau d'exaspération constant dans les Territoires occupés »

Ce qui a provoqué ce regain de tension, c'est d'une manière ou d'une autre l'ouverture du site, qui abrite le troisième lieu saint de l'islam, aux visiteurs juifs, en ce jour de fête pour les trois religions : Pâques, Pessah et le jeûne du Ramadan.

Les affrontements du jour ont fait une vingtaine de blessés côté palestinien – 19, selon le Croissant-Rouge. Dix-huit Palestiniens ont été arrêtés, rapporte notre correspondante à Ramallah, Alice Froussard.

Au moment où les différentes célébrités coïncident dans la ville sainte, le contexte est important. Vendredi, la police israélienne est entrée dans la mosquée al-Aqsa, tirant des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, et blessant 150 Palestiniens, avec des balles en acier recouvertes de caoutchouc.

Dans les Territoires palestiniens, tous craignent l'escalade, un nouvel embrasement, alors que le souvenir de l'an dernier, lorsque les affrontements à Jérusalem avaient mené à onze jours de guerre, reste bien présent.

Ces nouveaux affrontements surviennent alors qu'Israël a décidé de lever le bouclage hermétique de la Cisjordanie et de Gaza, imposé pendant le premier jour de la Pâque juive.

La tension pourrait avoir des conséquences politiques en Israël. Le parti islamique Ra'am a décidé de suspendre sa participation à la coalition. Une très mauvaise nouvelle pour le gouvernement du Premier ministre Naftali Bennett, qui avait déjà perdu sa majorité parlementaire.

L'intervention de vendredi avait suscité de vives condamnations des pays musulmans. La Jordanie a fait porter la responsabilité de cette nouvelle escalade à Israël.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu, ce dimanche soir au téléphone, avec le président palestinien Mahmoud Abbas, pour le féliciter de son calme, ajoutant qu'il allait nouer « des contacts avec les parties concernées pour mettre fin à l'escalade israélienne ».

►À relire : Tensions à Jérusalem, de nombreux blessés lors de heurts sur l'esplanade des Mosquées

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles