De nouveaux heurts à Jérusalem, Benjamin Netanyahu appelle au calme

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La tension est de nouveau montée d'un cran à Jérusalem, samedi, entre Palestiniens et forces israéliennes après plusieurs jours d'affrontements. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a appelé au calme.

La tension monte entre Palestiniens et forces israéliennes. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a appelé au calme samedi 24 avril, à Jérusalem. Cette prise de parole intervient après plusieurs jours d'affrontements impliquant juifs d'extrême droite, Palestiniens et forces de l'ordre. Il s'agit des heurts les plus importants depuis des années dans la Ville sainte.

"Nous voulons avant tout faire respecter la loi et l'ordre public […] .Nous exigeons maintenant que la loi soit respectée et j'appelle toutes les parties au calme", a indiqué Benjamin Netanyahu dans un communiqué après une réunion d'urgence des responsables de la sécurité.

De violents affrontements depuis plusieurs jours

À Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël, des centaines de policiers ont été déployés aux abords de la Vieille ville pour éviter de nouvelles violences.

Dans un contexte de tensions croissantes après des incidents ces derniers jours entre Juifs et Palestiniens à Jérusalem-Est, des échauffourées ont opposé vendredi soir, à la sortie de la prière sur l'esplanade des Mosquées, des manifestants palestiniens aux forces israéliennes. Des accrochages similaires ont eu lieu notamment au point de passage de Qalandiya, reliant Israël et la Cisjordanie occupée, et à Bethléem. La police a procédé à plusieurs interpellations.

Jeudi 22 avril au soir, des Palestiniens ont voulu s'opposer à une marche de partisans d'un mouvement juif d'extrême droite qui scandaient "Mort aux arabes". Les forces israéliennes, mobilisées pour cette marche, ont bloqué les Palestiniens dont une centaine ont été blessés.Une vingtaine de policiers israéliens ont également été blessés.

"Nous garantissons la liberté de culte comme chaque année, pour tous les habitants et tous les visiteurs de Jérusalem", a déclaré Benjamin Netanyahu en allusion aux prières sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, en cette période du mois de jeûne musulman de ramadan.

La branche armée du Hamas, mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza, a apporté son soutien aux Palestiniens de Jérusalem-Est et menacé Israël.

La crainte d'une "escalade des tensions"

Benjamin Netanyahu a par ailleurs déclaré, samedi 24 avril, que l'armée israélienne était "prête à tous les scénarios" dans la bande de Gaza, après le tir d'une trentaine de roquettes depuis l'enclave palestinienne sur le sud du territoire israélien dans la nuit de vendredi à samedi.

Mais après cette déclaration, une nouvelle roquette a été tirée en soirée depuis la bande de Gaza. Elle a cependant été interceptée par le bouclier antimissile israélien, selon l'armée. La bande de Gaza, sous blocus israélien, est séparée géographiquement par le territoire israélien de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne.

Le ministre israélien de la Défense, Benny Gantz, a lui aussi déclaré dans un communiqué que l'armée "était prête à la possibilité d'une escalade". En cas de nouveaux tirs de roquettes, "Gaza sera durement touchée […] et les dirigeants du Hamas en seront les responsables."

Face aux tensions, le chef d'état-major, Aviv Kokhavi, a décidé de reporter sa visite prévue aux États-Unis.

Les affrontements des derniers jours à Jérusalem ont commencé après que la police a empêché les Palestiniens de s'asseoir sur les marches entourant la porte de Damas, donnant sur la Vieille Ville, un lieu où ils se réunissent le soir pendant le ramadan.

Et lorsque des juifs d'extrême droite ont prévu de manifester à proximité, de nombreux Palestiniens y ont vu une provocation.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Moyen-Orient, Tor Wennesland a appelé "à éviter une nouvelle escalade". "Les actes de provocation à Jérusalem doivent cesser. Les tirs indiscriminés de roquettes vers les zones peuplées violent le droit international et doivent cesser immédiatement."

Les États-Unis ont exprimé leur "profonde préoccupation", condamnant des discours de "haine".

Pays voisin lié à Israël par un traité de paix, la Jordanie, qui administre les lieux saints musulmans à Jérusalem-Est, a condamné les "attaques racistes" israéliennes, avertissant que Jérusalem était "une ligne rouge".

Avec AFP