Nouveaux bombardements, l'AIEA à Tchernobyl: la situation au 62e jour de guerre en Ukraine

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Une femme étreint un enfant avant le départ d'un train de la gare de Zaporijia dans le sud de l'Ukraine le 17 avril 2022 - Ed JONES © 2019 AFP
Une femme étreint un enfant avant le départ d'un train de la gare de Zaporijia dans le sud de l'Ukraine le 17 avril 2022 - Ed JONES © 2019 AFP

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Tandis que les rencontres diplomatiques se poursuivent, les pertes civiles s'accumulent. Plus de deux mois après le début de la guerre, les responsables onusiens sont arrivés à Moscou pour échanger avec le chef de la diplomatie russe. Sur le sol ukrainien, les bombardements ont fait de nouvelles victimes ce mardi. Retour sur ces dernières 24 heures de guerre en Ukraine.

• De nouvelles victimes dans des bombardements

Au moins neuf civils ont péri mardi dans des bombardements de l'armée russe dans l'est et le sud de l'Ukraine, selon des bilans diffusés par les autorités locales.

Deux missiles russes ont notamment touché la ville de Zaporijjia, faisant au moins un mort et un blessé, selon l'administration régionale. Le ministère ukrainien de la Défense a affirmé mardi que la ville se préparait maintenant à une attaque des forces russes venues de la côte. Les services de renseignement britannique ont également mis en garde contre une potentielle attaque russe dans cette ville qui est un point d'accueil pour de nombreux civils ukrainiens mais aussi un site où se trouve la plus grande centrale nucléaire.

Une troisième fosse commune a par ailleurs été découverte près de Marioupol, ville-martyre de ce conflit qui dure depuis plus de deux mois. Une information confirmée par le maire de la ville portuaire, Vadym Boytchenko, au cours d'une déclaration sur une chaîne de télévision ukrainienne.

Autre événément de la journée, cette fois symbolique: la mairie de Kiev a commencé la démolition d'un monument historique d'époque soviétique célébrant l'amitié entre l'Ukraine et la Russie.

• L'AIEA fait un point sur la situation à Tchernobyl

Le niveau de radioactivité sur le site de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine est "dans la normale", a estimé mardi le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, en visite sur place 36 ans jour pour jour après la pire catastrophe nucléaire civile de l'Histoire.

"Le niveau de radioactivité se situe, je dirais, dans la normale", a-t-il déclaré à des journalistes sur le site, qui avait été occupé par l'armée russe entre le 24 février et le 31 mars. "Les niveaux (de radioactivité) ont augmenté à certains moments quand les Russes amenaient dans la zone de l'équipement lourd et quand ils sont partis", a dit M. Grossi à la presse sans donner de chiffres précis, assurant que les experts de l'agence onusienne suivaient la situation "de façon quotidienne".

Située à 150 kilomètres au nord de Kiev et proche de la frontière avec la Biélorussie, la centrale nucléaire de Tchernobyl était tombée aux mains des Russes au premier jour de leur invasion, avant d'être ensuite victime d'une coupure d'électricité et des réseaux de communications.

Depuis le retrait des soldats russes, le 31 mars, la situation y revient progressivement à la normale, d'après les comptes-rendus quotidiens de l'AIEA établis sur la base des informations du régulateur ukrainien.

• Des explosions dans une région séparatiste en Moldavie

Une série d'explosions se sont produites lundi et mardi en Transnistrie, une région soutenue par Moscou qui a fait sécession de la Moldavie lors d'une guerre en 1992. Depuis, des troupes russes sont déployées dans ce territoire séparatiste.

Mardi, deux détonations ont endommagé une tour radio et, lundi, un bâtiment officiel avait été la cible d'une attaque au lance-roquettes dans la capitale séparatiste, Tiraspol. Ces deux incidents n'ont pas fait de victimes, mais renforcent la crainte d'un débordement en Moldavie du conflit qui ravage l'Ukraine voisine. Kiev a accusé mardi Moscou de chercher à "déstabiliser" la Transnistrie.

"Il s'agit d'une tentative pour accroître les tensions. Nous condamnons fermement de telles actions. Les autorités moldaves veilleront à empêcher la république d'être entraînée dans un conflit", a déclaré la présidente moldave Maïa Sandu après une réunion du Conseil de sécurité nationale.

Appelant la population au "calme", elle a annoncé une série de mesures pour assurer la sécurité de ce petit pays d'Europe orientale, comme le renforcement des contrôles routiers et dans les transports, des patrouilles frontalières et des dispositifs supplémentaires pour protéger les infrastructures essentielles.

• Rencontre entre l'ONU et Moscou

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a appelé l'Ukraine et la Russie à travailler en coordination avec l'ONU pour permettre l'ouverture de couloirs humanitaires en Ukraine, où Moscou mène une offensive militaire.

"J'ai proposé la création d'un groupe de contact réunissant la Russie, l'Ukraine et les Nations unies afin de rechercher les possibilités d'ouverture de couloirs humanitaires", a déclaré Antonio Guterres lors d'une conférence de presse à Moscou avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

"Nous avons besoin d'urgence" de tels couloirs d'évacuation de civils "réellement sûrs et efficaces", a-t-il ajouté. Sergueï Lavrov, de son côté, a assuré que la Russie était prête à coopérer avec l'ONU afin de "soulager" les populations civiles.

Le ministre russe des Affaires étrangères a dans le même temps accusé les pays alliés de l'Ukraine d'avoir "utilisé" le pays comme terrain pour "irriter la Russie", reprochant également à Washington de vouloir d'un monde "unipolaire excluant la Russie".

• Un nouveau paquet de sanctions en préparation

La commissaire européenne à l'Énergie Kadri Simson a annoncé lors d'un déplacement à Varsovie qu'un sixième paquet de sanctions à l'égard de la Russie allait être adopté par l'Union européenne "très prochainement".

Dans le même temps, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian s'est entretenu avec son homologue ukrainien Dmytro Kuleba pour notamment évoquer "la continuité de la stratégie de la France dans le cadre du conflit ukrainien" mais aussi "les paramètres d'un renforcement des sanctions européennes à l'encontre de la Russie soutenu par la présidence française du Conseil de l'Union européenne".

Article original publié sur BFMTV.com

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