Un nouveau traité européen, pourquoi pas ?

Par Emmanuel Berretta
·1 min de lecture
L'idée est de mettre sur pied un Conseil de sécurité européen, indépendant des institutions de l’UE, qui traiterait des affaires étrangères et de la défense, mais qui pourrait élargir son action à d’autres domaines non couverts, ou insuffisamment, par les traités actuels, comme la santé, la culture ou la recherche.
L'idée est de mettre sur pied un Conseil de sécurité européen, indépendant des institutions de l’UE, qui traiterait des affaires étrangères et de la défense, mais qui pourrait élargir son action à d’autres domaines non couverts, ou insuffisamment, par les traités actuels, comme la santé, la culture ou la recherche.

Entre les éructations d'Erdogan et la crainte d'un reconfinement, y a-t-il encore de la place pour la réflexion européenne ? C'est parce que nous le croyons que le livre de Pierre Ménat Dix Questions sur l'Europe post-covidienne (L'Harmattan, 97 pages) mérite d'être lu. Cet ancien conseiller aux affaires européennes du président Chirac pose 10 questions « entre défiance et puissance » (tel est le sous-titre) au moment où tous se demandent si l'Europe est capable tout à la fois de protéger les Européens, de bâtir des stratégies industrielles, de défendre une monnaie forte face au dollar, de contrer le retour des grands empires ou s'il ne vaudrait pas mieux revenir au « chacun chez soi »?

Pierre Ménat propose, in fine, un nouveau traité. On entend déjà les sceptiques s'indigner d'un nouveau transfert de souveraineté. La source d'inspiration de ce diplomate retraité est puisée dans l'?uvre inachevée d'un grand homme : le général de Gaulle, promoteur d'un plan Fouchet mort-né. On ne fera pas de l'Europe une puissance respectée et respectable sans se choisir des partenaires fiables et susceptibles d'affirmer une position dans le monde.

Le retour du plan Fouchet

Revenons donc à la source : le général de Gaulle distinguait nettement le marché commun de la souveraineté en matière de défense et de politique étrangère. Il jugeait du reste la seconde plus impérieuse que le premier. Le plan Fouchet a été rejeté au début des années 1960, car, comme le rappelle Pierre Ména [...] Lire la suite