Le nouveau président croate, un ancien diplomate qui prône la tolérance

1 / 2
Zoran Milanovic à Zagreb, le 5 janvier 2020

Zagreb (AFP) - Le nouveau président croate, le social-démocrate Zoran Milanovic est un ancien juriste et diplomate venu sur le tard à la politique, qui dit vouloir rétablir un climat de tolérance dans son pays.

L'ancien Premier ministre de 53 ans a remporté le second tour de la présidentielle dimanche en promettant une "Croatie normale" qui sache tourner la page de la guerre d'indépendance (1991-1995).

Ses fans saluent en lui un homme intelligent, éduqué et ambitieux mais ses détracteurs le décrient comme étant un snob.

Il est sorti de trois ans de retraite politique pour se lancer dans la bataille pour le sommet de l'Etat sous le mot d'ordre "Un président avec du caractère", manière de répliquer à ceux qui lui reprochent d'être têtu.

Ses opposants lui reprochent son arrogance envers ses rivaux et les médias. Parfois perçu comme éloigné des classes populaires qu'il prétend défendre, le nouveau président est réputé impulsif.

Il s'est décrit par le passé comme ayant "le coeur à gauche et la tête à droite".

Quand il avait été nommé Premier ministre en 2011 en tant que dirigeant du Parti social-démocrate (SDP), il était considéré par beaucoup comme la figure de proue idéale. Il était exempt des accusations de corruption entachant la réputation de nombreux membres du HDZ, formation de centre-droit qui a dominé quasi continuellement la vie politique croate depuis l'indépendance.

Mais son gouvernement n'avait pas été à la hauteur des espérances, n'ayant pas mené les réformes attendues, débarrassé le pays du clientélisme ambiant ni renforcé l'économie.

Le SDP avait perdu le pouvoir aux législatives de 2015. Zoran Milanovic avait démissionné de la tête du parti lorsque celui-ci avait perdu l'année suivante des législatives anticipées provoquées par la chute d'un gouvernement de coalition.

Il dirigeait depuis une entreprise de consultants en management qui compte parmi ses clients le Premier ministre albanais Edi Rama, selon les médias.

Fils de la classe moyenne intellectuelle de Zagreb, boxeur amateur, Zoran Milanovic a suivi de brillantes études de droit avant d'intégrer le ministère croate des Affaires étrangères pendant la guerre d'indépendance contre les forces serbes. Il a été trois ans en poste dans les représentations croates de l'Union européenne et de l'Otan à Bruxelles, ne rejoignant qu'en 1999, à 33 ans, le SDP, un parti issu de l'ancien Parti communiste.

Orateur incisif, ce père de deux enfants en a pris la tête dès 2007, apparaissant comme le parfait représentant de l'électorat urbain et progressiste, et comme un contrepoids des milieux ruraux, catholiques et conservateurs.