Dans le nouveau monde, un bon journaliste est un enquêteur qui ne trouve rien

Libération.fr

Une nouvelle école de journalisme semble avoir vu le jour au sein du parti présidentiel. LREM réagit à la dernière enquête sur les comptes de campagne d'Emmanuel Macron, publiée la semaine dernière, en triant les bons et mauvais professionnels.

Comme fournisseurs officiels de diplômes journalistiques, on connaissait l’ESJ Lille, le CFJ, l’IPJ, l’Ijba, le Cuej… Entre autres. Mais il semble qu’une nouvelle école de formation aux métiers de la déontologie éditoriale ait vu le jour au sein de LREM. Après quelques jours de réflexion, le parti présidentiel a en effet réagi à la dernière enquête en date sur les comptes de campagne d’Emmanuel Macron publiée la semaine dernière par Radio France. Diffusé dimanche soir, le communiqué a de quoi transformer tout bon spécialiste du droit de la presse en Marsupilami vu le nombre de bonds que sa lecture provoque (l’utilisation de guillemets se voulant méprisants pour encadrer les mots Cellule investigation, limiers ou révélations étant le moindre mal dans ce texte de deux pages).

Qu’un parti au pouvoir fournisse des données chiffrées pour se défendre quand il est mis en cause dans une enquête est sain. Des faits à disséquer, la rédaction et l’interprétation restant libres. On ne peut s’empêcher de penser toutefois qu’il aurait été préférable pour tout le monde que LREM réponde en amont aux demandes d’informations de nos confrères plutôt que par le biais d’un communiqué diffusé a posteriori.

Ristournes

On tique quand même face à certains éléments de langage. Comme le fait que les comptes du candidat Macron ayant été validés par la Commission nationale des comptes de campagne, le sujet serait par nature clos. C’était l’argument massue de l’équipe Sarkozy dont les comptes font aujourd’hui l’objet de plusieurs procédures judiciaires. D’autant que ladite commission a reconnu elle-même, par la voix de son président la semaine dernière, que certaines ristournes accordées au mouvement En marche dépassaient le seuil d’ordinaire accepté par (...)

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