"Je vais devenir le nouveau Mohamed Merah" : un élu de La Courneuve relaxé pour "apologie du terrorisme"

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Le terroriste islamiste Mohamed Merah (Crédits -/AFP via Getty Images)
Le terroriste islamiste Mohamed Merah (Crédits -/AFP via Getty Images)

Mohamed Bekhtaoui comparaissait ce mardi pour des faits “d’apologie du terrorisme” et d’”outrage”. Il avait prononcé des paroles à la gloire de Mohamed Merah, l’auteur des tueries de Toulouse en Montauban en mars 2012, lors d’une visite d’Emmanuel Macron à La Courneuve.

La France était alors confinée pour se protéger de la première vague de Covid-19. En avril dernier, Emmanuel Macron se déplace en Seine-Saint-Denis, département particulièrement touché par la pandémie et les conséquences sociales du confinement. Lors de son étape à La Courneuve, le président de la République rencontre le maire communiste, Gilles Poux, tout juste réélu au premier tour. Dans la salle du Conseil municipal, plusieurs élus sont là, au premier rang desquels l’élu d’opposition Mohamed Bekhtaoui (Union populaire républicaine). Une figure que les forces de l’ordre ne manquent pas de repérer, raconte Le Parisien.

“Je vais faire un carnage !”

Car Mohamed Bekhtaoui est bien connu des services de police. 21 mentions composent son casier judiciaire, entre outrages, vols ou conduites sans permis. Là, il se déplace sans masque - qui n’est alors pas obligatoire - et surtout sans attestation de déplacement. C’est déjà la troisième fois que le trentenaire est contrôlé sans le document obligatoire pour tous les citoyens. Qu’il ait des “choses à dire”, selon ses termes, à Emmanuel Macron n’est pas une raison suffisante : Mohamed Bekhtaoui est interpellé. Et il va “vriller”, selon les mots du substitut du procureur.

À la barre, le brigadier-chef cite les propos qu’aurait tenu l’élu de l’opposition : "Je vais devenir le nouveau Mohamed Merah. J'ai eu de la chance de le côtoyer, il m'a ouvert les yeux. Je vais faire un carnage !" Il va répéter plusieurs fois, entre deux exclamations sur son innocence, “Allah Akbar !”. Puis, alors qu’il est en cellule de garde à vue, Mohamed Bekhtaoui se met à hurler dans sa cellule, à uriner au sol et à essayer d’arracher la caméra de surveillance.

De la GAV aux TIG

Au tribunal de Bobigny, le substitut du procureur va requérir un retour en cellule pour l’accusé, moyennant une peine de six mois de prison aménageable. Le juge sera plus clément pour celui qui a invoqué le terroriste islamiste Mohamed Merah : relaxé pour les faits d’”apologie du terrorisme”, il est finalement condamné à 140 heures de travaux d’intérêt général pour “outrages”.

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