Nouveau Front populaire: quel "programme de gouvernement" possible pour les législatives?

L'union sera totale. Dans les 577 circonscriptions de France, le Nouveau Front populaire, rassemblant le PCF, LFI, EELV et le PS, va présenter des candidatures uniques pour les élections législatives du 30 juin et du 7 juillet. Mais pour quel programme? L'union de la gauche a œuvré à "un programme politique de rupture avec une déclinaison pour les 100 premiers jours du mandat".

Une conférence de presse commune entre les différentes formations de gauche devrait avoir lieu ce vendredi 14 juin. Les "propositions concrètes et réalistes, pour que la vie des Françaises et des Français change vraiment", devraient être détaillées.

Sur BFMTV ce mercredi 13 juin, Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF, a toutefois évoqué quelques mesures de ce futur "programme de gouvernement".

"Un pacte pour le pouvoir d'achat"

Le député sortant du Nord évoque notamment l'indexation des salaires sur l'inflation. Même mesure pour les retraites, qui augmenteront par conséquent de manière immédiate. "Nous avons réussi à mettre un pacte pour le pouvoir d'achat en avant", résume le communiste.

Fabien Roussel annonce aussi l'abrogation de Parcoursup et la mise en place d'un revenu étudiant pour que les jeunes "ne soient plus obligés d'aller travailler pour payer leurs études".

"Toute la gauche était d'accord. C'est écrit, c'est signé, ça va être présenté aux Français", se félicite-t-il.

Raphaël Glucksmann "a été avec nous pour co-écrire"

Point de dissension ces derniers mois, l'international. "Chacun y a mis du sien pour avoir le programme le plus clair (...) y compris sur la qualification des crimes qui ont été commis le 7 octobre" par le Hamas en Israël", mais aussi sur "la libération des otages", a indiqué Fabien Roussel.

"Nous sommes nous tous d'accord pour dire que dans notre pays le racisme et l'antisémitisme ces dernières années se sont propagés (...) Nous l'écrivons", martèle le communiste.

En outre, Fabien Roussel indique que Raphaël Glucksmann a pris part aux négociations. "Il a été avec nous pour co-écrire, partager ce programme".

Pour régler les divergences, la sagesse de l'Assemblée?

En 2022, les quatre partis de gauche n'étaient (déjà) pas d'accord sur tout. Et même lors des précédentes alliances. En 1936 et 1981, les communistes étaient proches de l'URSS, loin de la position de la SFIO puis du Parti socialiste.

Sans remonter aussi loin, les plus récentes stratégies d'alliances permettent d'imaginer quelle pourrait être le point d'accord entre les composantes du Nouveau Front populaire en cas de division sur tel ou tel sujet.

Ainsi, en 2012, le Front de gauche, alliance entre le PCF pro-nucléaire et le Parti de gauche pro-sortie, proposait ainsi un "débat public national immédiat sur la politique énergétique en France". "Il se déroulera sous contrôle citoyen de l’information jusqu’à la prise de décision et se terminera par un référendum", pouvait-on lire dans le programme. Dix ans plus tard, pour la Nupes, la question du nucléaire était soumise à "la sagesse de l'Assemblée". En clair, le débat était renvoyé aux nouveaux députés élus.

Une chose est certaine: d'importantes concessions ont été faites pour atteindre une union aussi rapidement. "Félicitations les plus vives et remerciements à nos négociatrices et négociateurs qui ont eu quatre nuits blanches au travail, ligne à ligne du programme, circonscription par circonscription", a salué Jean-Luc Mélenchon sur X.

Le Nouveau Front populaire, soutenu par de nombreuses organisations et des dizaines de personnalités, dont François Hollande, est donc en ordre de bataille pour les élections législatives. Un scrutin où tout sera possible: le dernier sondage Elabe pour BFMTV donnait le RN en tête à 31%, suivi par l'union de la gauche à 28%. Le camps présidentiel était lui donné à 18%.

Article original publié sur BFMTV.com