Un “nouveau coup dur” pour la DGSE française

PHOTO SERGE TENANI/Hans Lucas via AFP

La mise en examen de Bernard Bajolet, ancien directeur de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française, révélée mercredi 4 janvier, n’est pas passée inaperçue auprès des journalistes étrangers. Le haut fonctionnaire, patron des renseignements extérieurs de l’Hexagone de 2013 à 2017, est accusé d’avoir permis à ses hommes d’user de méthodes peu orthodoxes à l’encontre d’un homme d’affaires franco-suisse pour lui “extorquer” 15 millions d’euros. Il a également été mis en examen pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle par personne dépositaire de l’autorité publique, a révélé une enquête du Monde, cette semaine. (Courrier international fait partie du groupe Le Monde).

L’homme en question, rappelle le Temps à Genève, est l’ex-banquier franco-suisse Alain Duménil. Il accuse la DGSE de lui avoir réclamé l’argent sous la contrainte en 2016, dans une scène rocambolesque à l’aéroport parisien Roissy - Charles-de-Gaulle. Deux agents auraient proféré des menaces à son égard s’il ne rendait pas l’argent qu’il devait à la France.

D’“amateur” à “encore pire”

C’est cet incident, raconte le correspondant à Paris du Daily Telegraph, qui se trouve aujourd’hui “au cœur d’une affaire extraordinaire qui a abouti à la mise en examen de l’ancien patron des espions français”.

“Ces accusations constituent un nouveau coup dur pour le service rendu célèbre par Le Bureau des légendes, la série télévisée à succès, mais qui a récemment dû faire face à une succession de controverses embarrassantes”, estime le quotidien britannique. De plus, “l’affaire braque fâcheusement les projecteurs sur la décision de la DGSE de placer près de 23 millions d’euros provenant d’un trésor de guerre secret accumulé discrètement depuis la Première Guerre mondiale dans des fonds d’investissement, surtout dans le secteur du luxe, qui ont subi des pertes colossales”.

Le service de renseignement a en effet hérité de fonds secrets, puisés dans les dommages de guerre. En 2002, il avait chargé Alain Duménil de faire fructifier son trésor, ses fonds étant jusqu’alors investis dans des placements peu rentables. Une décision qui a vu, selon le Telegraph, les compétences de la DGSE en matière de gestion de patrimoine passer d’“amateur” à “encore pire” et a conduit à la perte des 15 millions d’euros.

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