Julien Bobroff nous explique les mystères de la physique quantique

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La théorie de l’infiniment petit est, avec la relativité générale d’Einstein, la clé pour comprendre le monde. Julien Bobroff, physicien et professeur à l’Université Paris Sud, possède le talent de rendre intelligible l’incompréhensible pour le profane. Dans « La quantique autrement » (éd. Flammarion), il nous en explique les grands mystères.

Paris Match. Richard Feynman, spécialiste de la physique quantique, commençait ses cours ainsi : « Je crois pouvoir dire que personne ne comprend la mécanique quantique ! ». Comment parvenez-vous à l’expliquer dans votre livre ?
Julien Bobroff. Richard Feynman voulait dire que lorsqu’on essaie de comprendre, pourquoi la nature fonctionne comme le dicte la physique quantique, c’est incompréhensible. Parce que ça échappe complètement à notre intuition, nous qui sommes nés à grande échelle, aveugles à ce qui se passe à la mesure de l'atome. Et la suite de sa citation était : « on comprend très bien comment ça fonctionne, mais on ne comprend pas pourquoi. » Un physicien n'est pas un philosophe. Il est là pour observer les lois de la nature, les mesurer, et dire comment la nature fonctionne. Pas pour expliquer pourquoi le monde est ainsi fait.

Quelle est la manifestation quantique la plus facile à comprendre pour le commun des mortels ?
Elles sont toutes un peu compliquées à appréhender, mais sortent toutes d'une seule et même manifestation. N'importe quel objet en physique quantique, atome, électron ou molécule, se comportent, en même temps, comme une particule, une petite masse ET comme une onde ; une sorte de vague. Et selon qu’on la mesure, ou pas, elle va choisir un comportement, ou l'autre. Tant qu'on ne la mesure pas, elle va se comporter comme une vague dans la mer, une onde. Dès l’instant où on va essayer de la capturer, de la prendre en photo, de la filmer, de la mesurer, elle va soudainement se réduire en un point. Pourquoi elle se comporte ainsi, je n'en ai aucune idée. En revanche, on sait très bien le décrire.

Et si on connait sa vitesse de déplacement, on ne peut pas savoir sa position exacte dans(...)


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