Nord Stream 2: l'Allemagne condamne l'annonce de sanctions américaines

L'annonce par les États-Unis de sanctions économiques contre le gazoduc Nord Stream 2 qui doit relier la Russie directement à l'Allemagne a suscité des réactions négatives en Allemagne et en Europe. Washington a toujours critiqué le projet qui contribuerait à une dépendance énergétique de l'Europe en gaz à l'égard de la Russie.

Avec notre correspondant à Berlin, Guillaume Thibault

« La politique énergétique européenne est décidée en Europe et non aux États-Unis. Nous rejetons les interventions et sanctions extérieures ». Sur Twitter, le ministre allemand social-démocrate des Affaires étrangères, Heiko Maas, a répondu de façon peu diplomatique à l’annonce de sanctions économiques de la part des États-Unis.

Au ministère de l’Économie tenu par les chrétiens-démocrates, on rejette aussi ces sanctions. Des parlementaires ont également été clairs : « Nous ne sommes pas un protectorat des États-Unis » déclare un responsable social-démocrate ; un conservateur évoque « un acte hostile ».

Les milieux économiques alarmés

Les milieux économiques sont aussi alarmés. La chambre de commerce et d’industrie germano-russe appelle même les partenaires européens à prendre des contre sanctions. La commission en charge de ces dossiers au sein des milieux industriels regrette « un signal négatif pour les relations transatlantiques » et rappelle que le projet de gazoduc est conforme au droit européen.

Si la presse dénonce les sanctions préconisées par les États-Unis, certains rappellent aussi que Berlin a trop longtemps vu uniquement dans ce projet un investissement privé en négligeant son impact politique. Le quotidien conservateur Die Welt comme le journal de centre-gauche Süddeutsche Zeitung estiment que le gazoduc qui doit relier directement l’Allemagne à la Russie a en même temps divisé l’Europe.