Nord Stream 1 : la turbine de la discorde, Moscou et Berlin s'accuse mutuellement du blocage

Voici la turbine de la discorde, une de celles qui, d'ordinaire, équipent le gazoduc Nord Stream 1.

Sans elle, le tuyau fonctionne au ralenti et l'Allemagne ne reçoit qu'un cinquième du gaz que la Russie devrait en principe livrer.

Après des travaux de maintenance au Canada, la turbine a finalement été renvoyée en Allemagne, sur le site industriel de Siemens Energy.

Moscou assure que les sanctions européennes l'empêchent de la récupérer, Berlin réplique qu'il s'agit d'un prétexte.

Olaf Scholz, chancelier allemand : "Il n'y a aucune raison technique à la réduction des livraisons de gaz via Nord Stream 1. Les turbines sont fonctionnelles, voici l'une d'entre elles. L'échange de cette turbine peut suivre la procédure habituelle, comme cela s'est fait ces dernières années. Tout ce que Gazprom aurait à faire, c'est de dire : "Je veux récupérer cette turbine"."

Face à la raréfaction des livraisons de gaz russe, le chancelier allemand ouvre la porte à une prolongation des centrales nucléaires.

L'Allemagne doit en principe sortir du nucléaire à la fin de l'année. La décision avait été prise pas Angela Merkel en 2011, après la catastrophe de Fukushima.

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, Olaf Scholz envisage de poursuivre plus un peu plus longtemps l'exploitation des trois dernières centrales nucléaires en activité en Allemagne.

Le chancelier justifie sa position notamment par le fait que les Allemands devaient se montrer solidaires avec les autres pays européens.

Olaf Scholz, chancelier allemand : "Et en ce qui concerne l'approvisionnement énergétique de l'Allemagne, les trois dernières centrales nucléaires ne servent qu'à produire de l'électricité, et seulement une petite partie de celle-ci. Néanmoins, cela peut avoir du sens de les prolonger, car le développement des énergies renouvelables est très variable selon les États allemands. "

Le rétablissement des livraisons de gaz russe pourrait encore tarder.

Faute de la turbine, Gazprom dit ne pas être en mesure de faire fonctionner Nord Stream à plein régime.

De son côté, la ministre allemande des Affaires étrangères estime que son pays a commis "erreur d'être dépendant du gaz bon marché et de la Russie." Ana Baerbock assure que l'Allemagne s'est, déjà, "totalement affranchi de l'approvisionnement en gaz russe."

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