Nord : sanctionnée pour avoir fait une fausse couche en caisse

AFP / Illustration

Une hôtesse de caisse accuse son employeur de lui avoir refusé les aménagements dus à sa grossesse et de l’avoir sanctionné pour son absence alors qu’elle faisait une fausse couche.

C’est un témoignage à charge contre son employeur. Après avoir fait une fausse couche sur son lieu de travail, fin novembre, une caissière d’un supermarché Auchan City de Tourcoing (Nord) accuse sa direction de ne pas avoir pris en considération son état de santé. Le groupe Auchan parle, lui, d’“instrumentalisation” syndicale.

Dans un courrier daté du 20 décembre adressé à son employeur et diffusé sur Twitter par la CGT, la jeune femme de 23 ans donne sa version des faits.

https://twitter.com/CGTPublicis/status/812633770348187648?ref_src=twsrc%5Etfw

Début novembre, elle se fait embaucher dans ce supermarché de centre-ville pour six mois. Après un arrêt de travail dû à plusieurs malaises, elle découvre que ceux-ci sont provoqués par sa “situation de grossesse”. Elle en informe alors sa chef de caisse. Dès lors, elle reproche à son employeur de ne pas avoir tenu compte de son état de santé. Pis, alors qu’elle est en train de faire une fausse couche qui ensanglante son poste de travail, sa hiérarchie lui aurait refusé la possibilité d’aller aux toilettes.

Après une nuit passée à l’hôpital, l’employée doit faire face à une direction qui lui reprocherait d’avoir quitté son poste prématurément et lui refuserait la qualification en accident du travail de la perte de son bébé. Par ailleurs, elle aurait été sanctionnée pour son absence en étant privée d’une partie de sa rémunération.

Auchan dément

La direction d’Auchan contactée par le Parisien a assuré de son côté que la situation de la jeune femme avait été régularisée”. Au siège, on évoque “un enchaînement malheureux des faits” et une “incompréhension mutuelle”.

Selon l’entreprise, l’affaire a été montée en épingle par la CGT, qui a largement relayé l’affaire. Beaucoup des “choses dites sont inexactes”, assure un responsable. Par exemple, la jeune employée n’aurait jamais émis de demande d’aménagement d’horaires et l’accès aux toilettes ne lui aurait pas été refusé…

Le management ne reconnaît aucune erreur. Pourtant; en août déjà une polémique était née au sein du même magasin. Une hôtesse de caisse avait été un temps licencié pour une erreur de caisse de 85 centimes.