Nord: le maire de Roubaix et trois autres élus municipaux jugés pour escroquerie aggravée

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Le maire de Roubaix, Guillaume Delbar. - BFM Grand Lille
Le maire de Roubaix, Guillaume Delbar. - BFM Grand Lille

Une poignée d'élus présentés à la justice: l'image est rare. Guillaume Delbar, maire divers droite de Roubaix, Max-André Pick, son premier adjoint, et deux autres membres du conseil municipal sont ce jeudi matin sur les bancs de la 8e chambre du Tribunal correctionnel de Lille.

Ils sont accusés d'avoir participé à un montage de défiscalisation lucratif frauduleux, au même titre que dix autres prévenus, dont l'épouse et la mère de Guillaume Delbar. Ce dernier est jugé pour recel de biens obtenus dans le cadre d’un d’abus de confiance et escroquerie en bande organisée, entre 2015 et 2018.

Les faits analysés par la justice ces jeudi et vendredi s'étalent même jusqu'à 2020. C'est au cours de cette période que les prévenus sont soupçonnés d'avoir pris part à un système de blanchiment d'argent, via le micro-parti "Vivement demain", fondé en 2013.

200.000 euros manquants

Des donateurs étaient incités à en financer le fonctionnement, ce qui leur offrait une déduction fiscale légale de 66%, comme pour tout don à une association. Le schéma mis en place, illégal celui-ci, leur permettait de récupérer 85% de ce don à travers une association écran. Seuls 15% des dons atterrissaient ainsi dans les caisses du micro-parti.

Au total, près de 200.000 euros manqueraient au fisc et au micro-parti. Tous deux se sont portés parties civiles en tant que personnes morales.

Plusieurs signalements, effectués en 2017, ont mis la justice sur la piste de ce système frauduleux, permettant au Commissaire des comptes de réaliser ses premiers contrôles. Des perquisitions ont suivi à l'été 2020.

Des requêtes déposées

Les avocats des prévenus ont déposé des requêtes pour faire annuler la procédure, estimant que les faits relèvent au pire de la fraude fiscale et non de l'escroquerie en bande organisée, pour lesquels ils encourraient une peine pouvant aller jusqu'à 10 années d'emprisonnement assorties d'une amende d'un million d'euros. Aucun des prévenus contactés par BFM Grand Lille n'a souhaité réagir avant l'audience.

L'opposition, incarnée par "Roubaix en commun", a réagi par voie de communiqué après avoir pris connaissance de cette affaire dans la presse.

"Choquant"

"Si par malheur ces faits étaient cependant avérés, dans une ville où la pauvreté règne, qui connaît des problèmes d'insécurité, où l'abstention électorale est massive, il serait choquant que des élu.e.s aient ainsi manqué à leurs obligations d'exemplarité dans le respect de la loi et de la solidarité nationale", écrivent ces élus, qui souligne que "la présomption d'innocence est de rigueur".

Ils s'inquiètent que cette affaire alimente la défiance et "les discours populistes du 'tous pourris', dans une commune où la participation a difficilement atteint 22% lors des dernières élections municipales.

Article original publié sur BFMTV.com

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