Nomination polémique d'une ex-conseillère du nouveau ministre de l’Agriculture

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Marc Fesneau, ici en 2020, pourrait être amené à (Photo: via Associated Press)
Marc Fesneau, ici en 2020, pourrait être amené à (Photo: via Associated Press)

Marc Fesneau, ici en 2020, pourrait être amené à  (Photo: via Associated Press)

POLITIQUE - Une nomination qui interroge. Selon le média spécialisé Contexte, Éléonore Leprettre, ancienne collaboratrice au cabinet de Marc Fesneau, prendra le 1er juin les fonctions de responsable des affaires publiques de Phytéis, ex-Union des industries de la protection des plantes. Celle qui a notamment été cheffe de cabinet du ministre des Relations avec le Parlement rejoint donc une organisation professionnelle qui réunit 19 fabricants de produits phytosanitaires. En clair, le principal lobby de producteurs de pesticides dans l’Hexagone, parmi lesquels Bayer (qui a racheté Monsanto, fabricant du glyphosate en 2016) et BASF.

Là où l’affaire se complique, c’est que son ancien patron, Marc Fesneau, vient d’être nommé à l’Agriculture au sein du gouvernement d’Élisabeth Borne. Le ministre, issu du Modem, sera notamment chargé de la mise en œuvre du plan Écophyto II+, qui prévoit notamment de réduire les usages de “produits phytopharmaceutiques” de 50% d’ici 2025. Un objectif par ailleurs imposé par la Commission européenne à échéance 2030.

“Absolument scandaleux”

Selon nos confrères du Monde, le projet de reconversion d’Éléonore Leprette dans le privé est bien antérieur à la promotion de Marc Fesneau, puisque la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a été saisie le 26 avril de sa demande de quitter le service public pour Phytéis. Toujours selon Le Monde, la HATVP a rendu un avis favorable le 16 mai, qui n’a pas été rendu public.

Il n’en fallait toutefois pas davantage pour susciter des réactions indignées chez les écologistes et cadres de la NUPES (Nouvelle Union populaire, écologiste et solidaire). “Les lobbys au cœur du quinquennat saison 2”, a dénoncé Yannick Jadot sur son compte Twitter. Pour l’ancien candidat à la présidentielle, cette nomination est “absolument scandaleu(se) au regard des urgences environnementales, sanitaires et alimentaires”.

Pour Sandrine Rousseau, “voilà la Macronie à visage découvert”. Et la candidate NUPES aux législatives d’appeler à la “lutte contre les lobbies” dans les urnes les 12 et 19 juin. “Les lobbyistes n’ont pas l’oreille attentive du gouvernement, ils sont le gouvernement!”, s’est ému le député LFI Loïc Prud’homme, qui s’engage à “déposer une proposition de loi contre ces pratiques dès l’été”. “Ni honte, ni honneur”, a tweeté le député Aurélien Taché (ex-LREM, lui aussi investi par la NUPES), tandis que l’association Attac ironise sur le “pantouflage”, “grande cause du quinquennat”. Sollicitée par Le Monde,  Éléonore Leprette n’a pas donné suite.

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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