De nombreux Sud-Africains désenchantés, 25 ans après la chute de l'apartheid

franceinfo avec AFP
L'élection en avril 1994 du président noir, Nelson Mandela, avait suscité d'immenses espoirs dans une Afrique du Sud meurtrie par plusieurs décennies de répression sanglante sous l'apartheid. Un quart de siècle après, nombre de citoyens sont déçus.

"Vous nous avez chargés de changer l'Afrique du Sud (...). Notre plan est de créer des emplois, de promouvoir la paix et la réconciliation et de garantir la liberté de tous", avait lancé Nelson Mandela en prenant ses fonctions le 9 mai 1994. Cinq législatures plus tard, son Congrès national africain (ANC) tient toujours fermement les rênes du pays. Mais l'euphorie des promesses d'une "vie meilleure pour tous" a cédé la place à la désillusion et à une colère sourde qui pèsent sur la campagne des élections générales du 8 mai 2019.

Clairement, le bilan statistique du pays n'est pas à l'avantage des gouvernements qui ont succédé au prix Nobel de la paix. Depuis 1994, les inégalités ont augmenté en Afrique du Sud, au point d'en faire une des sociétés les plus inégalitaires au monde, écrivait en 2018 la Banque mondiale dans un rapport intitulé Vaincre la pauvreté et l'inégalité en Afrique du Sud. Entre 2011 et 2015, trois millions de Sud-Africains ont basculé dans la pauvreté, soulignait l'institution. Malgré l'émergence d'une classe moyenne, 20% des foyers noirs vivent dans une extrême pauvreté contre 2,9% des foyers blancs, selon "l'Institut sud-africain des relations entre les races" (IRR).

Mise au ban des nations pour cause d'apartheid, l'Afrique du Sud devait bénéficier de son retour dans l'économie mondialisée une fois ce système raciste démantelée. Mais près une période faste entre 1994 (...)

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