Le nombre d'enfants américains ayant mangé des aliments au cannabis a explosé en cinq ans

De plus en plus d'Etats américains  légalisent l'usage récréatif du cannabis. - Reuters
De plus en plus d'Etats américains légalisent l'usage récréatif du cannabis. - Reuters

Des petits oursons gélifiés qui ressemblent à s'y méprendre à des bonbons, mais qui n'en sont pas. Des brownies au chocolat a priori classiques, mais qui peuvent avoir un effet surprenant. Une des manières de consommer du cannabis est par l'alimentation, ce que les anglo-saxons appellent "edibles" et qui n'a pas vraiment d'équivalent dans le langage courant français, sinon le "space cake".

L'achat de ces éléments est légal dans plusieurs États américains, comme la Californie, le Montana ou l'État de New York. Par leur apparence normale, ils peuvent être confondus avec de la nourriture ne contenant pas de cannabis et ingérés par accident. Aux États-unis, les centres anti-poisons recensent le nombre d'enfants de moins de six ans ayant été exposés à des "edibles".

Une étude publiée ce mardi dans la revue scientifique américaine Pediatrics a analysé ces données et en tire le constat suivant: le nombre d'enfants ayant ingéré des aliments contenant du cannabis a augmenté de 1375% entre 2017 et 2021 aux États-Unis.

En 2017, les services officiels américains recensaient 207 cas d'exposition à ces aliments. En 2021, 3054 cas ont été comptabilisés. Sur les cinq années étudiées, l'écrasante majorité (près de 98%) des cas a eu lieu dans un milieu résidentiel, et 90% des enfants ayant ingéré du cannabis sous forme d'aliment l'ont fait dans leur propre foyer. 22,7% des enfants concernés par cette étude ont dû être hospitalisés.

Tendance à la légalisation

Les médecins auteurs de l'étude expliquent cette évolution par "un plus grand nombre d'États autorisant l'usage récréatif du cannabis par les adultes".

Antonia Nemanich, co-autrice de l'étude, souligne aussi auprès de CNN un "pic particulier lors des années de pandémie", où les enfants ont passé plus de temps chez eux.

Or, ces préparations comestibles "sont particulièrement attrayantes pour les tout-petits car elles ressemblent à des friandises courantes telles que des bonbons, des chocolats, des biscuits ou d'autres gateaux" et "un enfant ne peut pas reconnaître la nécessité d'arrêter après une bouchée/segment/pièce", même si cette bouchée est particulièrement chargée en THC, souligne l'étude.

Des symptômes allant jusqu'au coma

Les enfants étant plus légers, "le taux de THC par kilo de masse corporelle est beaucoup plus élevé que pour la même quantité ingérée par un adulte", alerte le centre anti-poison de l'Ontario, au Canada, sur son site.

En cas d'ingestion, les symptômes varient beaucoup selon les enfants. Certains "n’en ressentent aucun, d’autres tombent dans le coma" ou "doivent être placés sous respirateur et être surveillés dans une unité de soins intensifs", énumère ainsi le Centre anti-poison de l'Ontario.

Pour limiter l'exposition d'enfants à ce type d'aliment, les médecins auteurs de l'étude dans Pediatrics recommandent de "donner la priorité à des stratégies de prévention telles que la modification de l'emballage et de l'étiquetage des produits, la réglementation de la dose maximale autorisée dans un emballage et l'augmentation de l'éducation du public sur l'atténuation des risques domestiques".

Article original publié sur BFMTV.com