Le nombre de catastrophes naturelles majeures pourrait dépasser les 500 par an

Photo de la tempête Irma en Floride. Ce genre d'évènement pourrait devenir de plus en plus réguliers. (Photo: Warren Faidley via Getty Images) (Warren Faidley via Getty Images)

Le monde pourrait connaître d'ici 2030 environ 560 catastrophes par an, allant des séismes aux inondations, en passant par les accidents chimiques.

DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE - C’est un symbole concret de la crise climatique. Les catastrophes, naturelles ou d’origine humaine, sont intimement liées au défi climatique actuel. Et elles ont de grandes chances de voir leur nombre croître dangereusement dans les années à venir.

Tel est l’état des lieux alarmant proposé dans la sixième édition du Rapport d’évaluation mondial des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe (GAR2022). Selon cette longue analyse, les catastrophes majeures, comme les épisodes de sécheresse, les températures extrêmes, ou les inondations, ont de fortes chances de dépasser allègrement d’ici 2030 la barre des 500 évènements par an. C’est inévitable, à moins de changer de cap. Le rapport est particulièrement clair sur ce point: si des engagements pour renforcer la résilience et lutter contre le changement climatique existent, “les choix sociétaux, politiques et économiques actuels font l’inverse”.

Nous nous rapprochons déjà de ce nombre. Selon ce rapport du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), 350 à 500 catastrophes de moyenne ou grande ampleur se produisent actuellement chaque année. Ce n’est même pas nouveau, et l’on observe cette tendance depuis maintenant deux décennies comme le montre ce graphique issu du rapport:

Globalement, le dérèglement climatique entraîne une augmentation de 40% des risques de catastrophe. Par exemple, les périodes de température extrême comme ce qui est actuellement observé en Inde, où la température flirte avec la barre des 50 degrés, devraient tripler.

Des coûts sans précédents

Sans surprise, les catastrophes frappent le plus durement les couches les plus pauvres de la population. Ainsi, les pays en développement perdent en moyenne 1% de leur PIB chaque année à cause des catastrophes, en particulier dans la région Asie-Pacifique, où ce chiffre grimpe jusqu’à 1,6 %. Dans les pays développés, ce chiffre n’est que de 0,1 à 0,3 %.

Les catastrophes deviennent également plus coûteuses. En 1990, les catastrophes coûtaient au monde environ 70 milliards de dollars par an. En tenant compte de l’inflation, au cours de la dernière décennie, ce chiffre a bondi à 170 milliards de dollars par an en moyenne.

Le coût est aussi, évidemment, humain. Au cours des cinq dernières années, le nombre de personnes qui meurent dans des catastrophes a augmenté à mesure que les incidents deviennent plus dangereux et imprévisibles. Le nombre de personnes tuées ou touchées par des catastrophes ayant été plus élevé au cours des cinq dernières années qu’au cours des cinq précédentes.

Mieux prévenir les catastrophes

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Entre 1970 et 2000, seulement environ 90 ou 100 catastrophes majeures ont été signalées chaque année. Alors pourquoi les catastrophes ont-elles pris une telle ampleur ? Outre le changement climatique provoqué par l’action de l’homme, les auteurs du rapport pointent une sous-évaluation des risques en raison d’une frome d’optimisme” ou de “sentiment d’invincibilité”. “Le monde doit faire davantage pour intégrer les risques de catastrophe dans notre façon de vivre, de construire et d’investir”, estime dans un communiqué de presse Amina J. Mohammed, vice-secrétaire générale des Nations Unies, qui a présenté le rapport au siège de l’ONU à New York. Pour Mami Mizutori, chef du Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe, il est notamment indispensable de repenser la préparation aux catastrophes et l’allocation des fonds. Actuellement, 90 % de tous les fonds en cas de catastrophe sont consacrés aux secours d’urgence, contre seulement 6 % pour la reconstruction et 4 % pour la prévention. C’est trop peu.“En ignorant délibérément le risque et en ne l’intégrant pas dans la prise de décision, le monde finance effectivement sa propre destruction”, explique la diplomate japonaise dans le communiqué de l’ONU.

Si le tableau est sombre, tout n’est pas perdu. En effet, le rapport révèle aussi que certaines méthodes de réduction des risques mises en oeuvre après une grande conférence dédiée au sujet en 2015 ont commencé à porter leur fruit. Elles ont notamment permis de réduire le nombre de personnes touchées ou tuées par des catastrophes.

“La bonne nouvelle est que les décisions humaines sont les principaux contributeurs au risque de catastrophe”, affirme finalement Mami Mizutori, “nous avons donc le pouvoir de réduire considérablement les menaces qui pèsent sur l’humanité, et en particulier sur les plus vulnérables d’entre nous”.

À voir également sur le HuffPost: Jour de la Terre: le changement climatique s’emballe, la preuve en cinq animations

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

VIDÉO - Camille Étienne : "Le dernier rapport du GIEC est un cri d’alarme. On se rapproche de la catastrophe climatique à toute allure"

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles