Nokia revoit son plan social français à la baisse

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Quatre mois après annoncé son plan social, l’équipementier télécom finlandais a annoncé vendredi 23 octobre accepter de sauver 247 postes sur les 1 233 qu’il devait supprimer initialement dans sa filiale française Alcatel-Lucent. Les syndicats prennent acte, mais poursuivent leur combat.

Depuis quatre mois, les salariés français de Nokia refusent ce plan social, d’autant que le groupe finlandais a reçu des aides de l’État français. Après plusieurs années de difficultés et trois plans sociaux en quatre ans, Nokia a retrouvé l’équilibre l’année dernière et a enregistré un bénéfice net de 94 millions d’euros au deuxième trimestre de 2020.

L’annonce il y a quatre mois de la suppression de 1 233 postes avait alors suscité la colère des syndicats, mais aussi de plusieurs responsables politiques et élus locaux. Alors qualifié par le gouvernement « d'inacceptable en l'état », il s'agissait du quatrième plan social depuis le rachat en 2016 d'Alcatel-Lucent par le groupe finlandais.

À l’issue d’un Comité social et économique vendredi 23 octobre, la direction a accepté de sauver 247 postes, dont 167 sur le site breton, alors que 402 postes étaient menacés. Sur le site d’Ile-de-France, seulement 83 emplois seront préservés et 713 autres doivent disparaître.

« Le compte n’y est pas »

La direction du groupe justifie son revirement par une évolution des besoins, notamment avec de nouveaux projets dans le secteur de la 5G. Nokia prévoit également l’ouverture d’un nouveau centre européen de cybersécurité à Lannion, notamment avec l’aide de l’État. Cela devrait permettre au groupe de créer 112 postes en France dont 97 à Lannion « d’ici la fin de 2021 », indique vendredi l'entreprise dans un communiqué.

Le gouvernement a immédiatement salué l’initiative qu’il qualifie de positive, alors que le représentant CFDT a appelé à la prudence et celui de la CGT a déclaré que « le compte n’y est pas » : car au total 900 emplois restent menacés.

Nokia avait annoncé ce plan social dans le cadre de sa chasse aux coûts. Depuis plusieurs années, le géant finlandais veut surmonter des résultats en dents de scie et dépasser ainsi le chinois Huawei dans le secteur.