Nikolaï Iejov, petit père des purges

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Consacré à l’action de ce vassal de Staline durant la Grande Terreur, l’ouvrage passionnant de l’historien russe Alexeï Pavlioukov explicite la logique et les motifs d’une épuration meurtrière.

La Grande Terreur déclenchée sur ordre de Staline entre 1937 et 1938 reste à bien des égards mystérieuse - tout comme la personnalité de son principal exécutant, Nikolaï Iejov. L’homme ne retiendrait guère l’attention s’il ne s’était, en ces années d’airain, métamorphosé en docile exécutant de son maître. Apprenti tailleur avant la révolution d’Octobre, soldat volontaire de la Grande Guerre (point sur lequel sa biographie officielle ne s’attarda guère…), l’homme, il est vrai, ne brillait ni par ses qualités humaines ni par son intellect. Petit, piètre orateur, alcoolique invétéré, il se distingua en revanche par ses talents d’organisateur ainsi que par sa capacité à exécuter aveuglément les ordres du parti. Cette loyauté sans failles explique qu’il se soit hissé au sommet de l’appareil d’Etat, accédant en 1936 à la tête du NKVD, la police politique soviétique, et devenant, un an plus tard, membre suppléant du Politburo. Une ascension éclair pour un jeune quadragénaire en charge des basses œuvres du régime stalinien.

Sensiblerie. De fait, décrétées par le Petit Père des peuples, les purges, on le sait, furent brutales et massives : elles provoquèrent, entre octobre 1936 et novembre 1938, la mort de 1,4 million de Soviétiques, dont 700 000 furent fusillés. Ce macabre bilan semble accréditer la thèse d’une folie meurtrière déclenchée par un tyran paranoïaque. Le premier mérite de l’historien Alexeï Pavlioukov est de montrer que cette purge répondait à une logique. D’une part, en effet, les dirigeants soviétiques s’étonnaient du bilan économique médiocre des plans quinquennaux, alors qu’ils déversaient les roubles par millions pour industrialiser l’Union soviétique. Plutôt que d’admettre les failles de leur système, ils préférèrent soupçonner des nuées d’agents trotskistes de (...)

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