Nigeria: le président Buhari rencontre les lycéens libérés dans le Nord-Ouest du pays

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Au Nigeria, une rencontre a été organisée vendredi 18 décembre, dans l’après-midi, entre le président Muhammadu Buhari et les 344 lycéens libérés jeudi soir, dans les locaux du gouvernement de Katsina. Le chef de l’État venait de commencer ses vacances dans la région dont il est originaire, lorsque ce kidnapping de masse s'était produit. Après la libération des lycéens, le soulagement des autorités nigérianes pourrait être de courte durée.

Avec notre correspondante à Lagos, Liza Fabbian

La scène avait quelque chose d’un peu surréaliste, assis sur des chaises, habillés de vêtements frais et portant des masques chirurgicaux, les écoliers exténués ont reçu une courte visite du président Muhammadu Buhari, qui leur a demandé de ne pas céder à la peur.

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Les enfants ont passé six jours entre les mains de leurs ravisseurs armés. Ce matin, ils ont été conduits devant le gouverneur de l’État de Katsina dès leur arrivée dans la ville, sans même avoir le temps de revoir leurs parents qui les attendaient massés devant le bâtiment gouvernemental.

Boko Haram n’a pas agi directement

Les cérémonies officielles pourraient presque faire oublier que Boko Haram vient de signer sa première action spectaculaire, dans le Nord-Ouest du Nigeria, loin de son fief de l’État de Borno. Le groupe jihadiste n’a pas agi directement, mais tissé des liens avec des groupes criminels bien implantés dans la région, et spécialisés des enlèvements contre rançon. Une menace quotidienne pour de nombreux habitants des États de Katsina et Zamfara.

Les autorités locales elles-mêmes connaissent bien ceux que l’on surnomme « les Bandits », puisque les politiciens locaux ont déjà négocié avec eux par le passé et qu'ils opèrent de longue date dans le Nord-Ouest du Nigeria. Ceux-ci ont vraisemblablement agi avec l’appui du chef jihadiste Abubakar Shekau, qui a revendiqué deux fois ce rapt de masse. Selon les observateurs locaux, il est probable qu’une rançon ait été versée en échange de la libération des 344 lycéens.

Le nombre d’otages capturés est exceptionnel, tout comme la double revendication de Boko Haram, qui a probablement apporté un soutien logistique et financiers aux ravisseurs. L’armée nigériane et les gouverneurs de Zamfara et Katsina ont mis six jours à libérer ces adolescents, suffisamment de temps pour permettre au chef jihadiste Abubakar Shekau de frapper les esprits, à 200 km à peine de la ville natale de Muhammadu Buhari.

Succès sécuritaire du gouvernement

Les autorités nigérianes savourent visiblement un rare succès sur le plan sécuritaire, même si les conditions de la libération de ces enfants restent floues, notamment concernant le versement d’une possible rançon.

Dans un communiqué en réaction à cette libération, un représentant de l’Unicef au Nigeria, a rappelé que « cette attaque n’aurait jamais dû se produire » et a demandé à ce que des mesures soient prises, pour que « tous les enfants nigérians puissent apprendre sans avoir peur ».