Nigeria: l’attribution d’un contrat de surveillance à un ancien chef de guerre suscite la polémique

Au Nigeria, l'attribution d'un juteux contrat pour la surveillance des oléoducs, à Tompolo, un ancien chef de guerre, crée des remous dans le delta du Niger. D'autres anciens « militants » - des membres des ex-groupes armés qui s'en prenaient aux infrastructures pétrolières au début des années 2000 - demandent à bénéficier, eux aussi, de ce type de contrat.

Avec notre correspondante à Lagos, Liza Fabbian

Le contrat vise notamment à arrêter les voleurs de pétrole qui siphonnent la production nationale. Certains membres des ex-groupes armés ont même lancé un ultimatum au président Muhammadu Buhari, sommé de revenir sur cet accord avec Tompolo.

Le contrat attribué aux compagnies de surveillance gérées par l'ancien chef du Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (MEND) peut surprendre, quand on sait que Tompolo a été poursuivi pendant plusieurs années par la commission des crimes économiques et financiers, sur ordre de l'administration du président Muhammadu Buhari.

Ce sont d'abord des jeunes du nord du Nigeria qui ont dénoncé ce revirement, en accusant les forces de sécurité ainsi que le gouvernement de faire preuve de faiblesse et de céder au « chantage » de l'ancien seigneur de guerre.

Dans un récent reportage, la chaîne nigériane Arise News s'est rendue dans le delta pour relayer la colère d'un groupe d'hommes lourdement armés, frustrés de ne pas bénéficier, eux aussi, des millions de dollars octroyés par le gouvernement, alors que de nombreux pipelines traversent leur territoire.


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