Du Nigeria à l'Europe: comment la police française lutte localement contre les filières de passeurs

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Des policier nigériens. (Image d'illustration) - Issouf SANOGO © 2019 AFP
Des policier nigériens. (Image d'illustration) - Issouf SANOGO © 2019 AFP

C'est une affaire qui illustre le travail que réalisent des policiers français au Niger pour lutter contre les filières de passeurs et la traite des êtres humains. Mardi, 18 trafiquants nigérians et nigériens ont été arrêtés dans le cadre du démantèlement d'un réseau d'immigration clandestine prenant sa source au Nigeria pour rallier la Libye et enfin l'Europe.

Depuis 2016, une division de la direction de la coopération internationale de sécurité du ministère de l'Intérieur monte des projets, grâce à un financement européen, pour lutter directement à l'étranger contre ces filières. Trois policiers français de la police aux frontières, mais aussi trois enquêteurs espagnols, travaillent aux côtés de 12 officiers nigériens, notamment pour leur apporter leur expertise en matière de techniques d'enquête.

Entre 10 et 20.000 euros le passage

Le démantèlement de cette filière a nécessité trois mois d'enquête. Les candidats à l'immigration partaient de Kano au Nigeria puis passaient par Zinder, à la frontière au Niger, Maradi, Agadez pour rallier la Libye, puis tenter la traversée de la Méditerranée pour entrer en Europe via l'Italie ou la Grèce. Un passage pour un coût moyen entre 10.000 et 20.000 euros par personne.

Mardi, trois trafiquants ont été arrêtés à Zinder alors qu'ils transportaient en voiture vingt migrants depuis le Nigeria. Le principal logeur a également été interpellé alors qu'il hébergeait une quinzaine de migrants à son domicile à Maradi. D'autres passeurs ont été interpellés sur la route qu'ils faisaient emprunter aux candidats à l'immigration.

Un financement européen

Un premier financement de six millions d'euros avait été débloqué par l'Union européenne pour trois ans afin de permettre aux autorités françaises et espagnoles de lutter contre ces réseaux directement au Niger. Un projet prolongé de trois ans dont le travail a porté ses fruits puisque depuis 2019, 150 filières internationales ont été démantelées au Niger. Au total, les policiers ont arrêté 590 personnes, près de 550 d'entre elles ont été condamnées ou sont dans l'attente de leur jugement.

Au Niger, un autre projet de coopération entre services d'enquêteurs locaux et français est en préparation, il concernera la lutte contre le terrorisme alors que le pays subit régulièrement des attaques de groupes terroristes dont l'État islamique installé au Mali. Cette lutte contre les réseaux criminels dans les pays source ou de transit est financé à hauteur de 300 millions d'euros par la Commission européenne pour permettre aux enquêteurs européens de travailler aux côtés des policiers locaux.

Article original publié sur BFMTV.com

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