Niger: la Cour des comptes relève de nombreuses irrégularités

Au Niger, la Cour des comptes a rendu public son rapport annuel pour 2021. La Cour est notamment chargée de contrôler les opérations de l'État, collectivités territoriales et les établissements publics. Le document de 300 pages a été remis au président Mohamed Bazoum la semaine dernière.

Le rapport pointe d'abord des dysfonctionnements et irrégularités dans la conduite des opérations de l'État. Par exemple, l'existence de soldes anormaux dans certains comptes, ou des dépenses sans base légale. Dysfonctionnements aussi dans la gestion des collectivités territoriales et des sociétés publiques contrôlées cette année.

La Cour se penche par ailleurs sur les comptes annuels des partis politiques et sur leurs comptes des élections. Selon son premier président, Narey Oumarou, « rares sont les partis qui ont produit les comptes des élections ». Et même quand ils l'ont fait, la Cour n'a pas été en mesure de se prononcer sur leur régularité et leur sincérité.

Par ailleurs, certaines personnalités, notamment les membres du gouvernement, sont tenues de déclarer leurs biens. Certains ne l'ont pas fait dans les délais, d'autres n'ont tout simplement pas « daigné le faire », indique la Cour des comptes.

Le Covid a bon dos

Enfin, l'instance estime dans ce rapport que la pandémie de Covid-19 a servi de prétexte à toutes sortes d'abus : surfacturation, fausse mise en concurrence, contrats passés par entente directe sans mise en concurrence, sans que les conditions soient réunies... Ce sont quelques-uns des points soulevés par la Cour des comptes après son audit des marchés publics du Programme de réponse au Covid-19.

Ce texte relève que des modifications inopportunes ont été apportées pour la passation des marchés publics dans le cadre de la riposte à la pandémie.

La Cour estime que des constructions ont été réalisées et des équipements acquis à des coûts non raisonnables par les ministères contrôlés (sont cités ceux de la Santé, de l'Agriculture et de l'Hydraulique). Elle cite plusieurs exemples, dont des bols à café achetés à 10 000 francs CFA, soit environ 15 euros l'unité, ou des matelas acquis à un prix élevé. Le rapport chiffre le montant total du manque à gagner à plus de 5 milliards de FCFA.

Les ministères concernés ont répondu aux sollicitations de la Cour des comptes. Celui de la Santé, par exemple, affirme que « la demande était nettement supérieure à l'offre dans un climat de panique générale où les pays n'étaient pas en position d'imposer aux fournisseurs un quelconque conformisme de prix ».

La Cour formule chaque année des recommandations pour remédier aux dysfonctionnements constatés. Pour les opérations de l'État, par exemple, moins de la moitié ont été mises en œuvre. Dans la société civile, certaines voix pointent du doigt ce faible taux et évoquent la persistance de certaines pratiques au fil des ans.

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