Nicaragua: adoption d'une loi pour exclure des opposants des futures élections

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Le Parlement du Nicaragua a approuvé lundi 21 décembre une loi qui exclut des élections générales de 2021 ceux qui font la promotion de sanctions étrangères à l'encontre du pays d'Amérique centrale, une claire allusion à l'opposition. La loi suscite des remous.

La loi s'intitule « Défense des droits du peuple à l'indépendance, souveraineté et autodétermination pour la paix » et est soutenue par le président Daniel Ortega. Elle a été approuvée ce lundi 21 décembre par le Parlement, où le parti du chef de l'État, le Front sandiniste de libération nationale (FSLN), est majoritaire. Le texte a été adopté par 70 voix, tandis que quinze parlementaires ont voté contre et quatre se sont abstenus.

Une loi visant les opposants au régime

La loi, dénoncée par l'opposition, établit que « toute personne qui demande, soutient et salue l'imposition de sanctions contre l'État du Nicaragua » ne pourra pas se présenter à ces élections. Est également exclue toute personne qui fomente ou finance un coup d'État, porte atteinte à l'ordre constitutionnel, incite à l'ingérence étrangère ou participe, avec des financements extérieurs, à des actes de terrorisme et de déstabilisation.

Le président du Parlement, Gustavo Porras, a justifié le vote : « Celui qui veut dire du mal de la patrie, qu'il aille se présenter (aux élections) où il veut, surtout dans les exemples de démocratie que nous voyons en ce moment dans l'empire », a-t-il ajouté dans une allusion à l'élection présidentielle aux États-Unis. Le Parti libéral constitutionnaliste (PLC) de droite a voté contre, accusant le texte de violer les droits constitutionnels des citoyens.

Le Nicaragua organisera des élections présidentielle et législatives en novembre 2021. Au pouvoir depuis 2007, Daniel Ortega, un ex-guérillero sandiniste qui avait déjà été à la tête du pays de 1985 à 1990, pourrait briguer un quatrième mandat consécutif.

Violente répression

Daniel Ortega est accusé par l'opposition de graves violations des droits humains et d'avoir instauré une dictature marquée par la corruption et le népotisme. Le pays d'Amérique centrale a été secoué en 2018 par des manifestations antigouvernementales, dont la violente répression a fait au moins 328 morts et 88 000 exilés, selon la Commission interaméricaine des droits humains (CIDH).

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Le pouvoir soutient que cette contestation constituait une tentative de coup d'État orchestrée par les États-Unis. Ces deniers ont imposé une série de sanctions contre des responsables du gouvernement et des membres de la famille de Daniel Ortega.

(Avec AFP)