Ni foulards ni minijupes dans les écoles publiques

Au Tadjikistan, ces dernières semaines, on discute avec animation de la réglementation et de la simplification des coutumes nationales, des cérémonies et des rituels religieux. Le débat a été lancé par le président en personne, Emomali Rakhmon*. Le sujet occupe l’essentiel des émissions télévisées sur la chaîne nationale et sur la chaîne Safina. Dans les villes et les campagnes, dans les lieux publics, des “micros ouverts” ont été disposés à l’intention des passants, qui peuvent ainsi exprimer leur point de vue et lancer leurs suggestions.
Une rencontre organisée par le président en vue de préparer le débat national du 24 mai sur cet encadrement des coutumes et célébrations a permis d’entendre les rapports de groupes d’étude de l’opinion et des traditions religieuses d’Afghanistan, d’Iran, du Pakistan, d’Arabie Saoudite, d’Egypte, des républiques d’Asie centrale, ainsi que les conclusions des juristes et des spécialistes de l’islam, qui, pendant plus de trois semaines, avaient consulté directement la population. Le président Rakhmon, pour sa part, a tenu à souligner que l’objectif premier de ce débat national était d’éviter que la population continue à se ruiner en dépenses superflues, et qu’il s’agissait ainsi de contribuer à faire reculer la pauvreté dans le pays.
Le groupe de travail a dû imaginer des sanctions à l’égard des fonctionnaires qui enfreindraient les nouvelles normes ou qui se rendraient à diverses cérémonies [privées] au cours de leurs heures de travail et en utilisant leur véhicule de fonction. Ils risquent désormais le limogeage. Outre ces discussions sur l’encadrement des coutumes et festivités, le ministère de l’Education souhaite remettre de l’ordre dans l’enseignement secondaire et supérieur. Mi-avril, il a édicté un règlement qui établit la manière dont les écolières et les étudiantes doivent être vêtues. Elles ont l’interdiction formelle d’arriver dans les établissements en minijupe, tout comme en hidjab (foulard musulman). Les bijoux sont aussi prohibés, à l’exception des boucles d’oreille traditionnelles. Noïlcho Nouraliev, porte-parole du ministère, a donné plus de détails : “Les jeunes filles pourront, au choix, porter l’habit national, tunique longue sur fuseau, ou des vêtements à l’européenne, en combinant un chemisier blanc et une jupe sombre. Quelle que soit l’option, leur apparence devra rester modeste et correspondre aux images traditionnelles de la société.” Il a confirmé l’interdiction des téléphones portables dans les écoles et les universités, ainsi que de la conduite par les étudiants de leur voiture personnelle pour se rendre en cours. Ces réformes provoquent des remous dans la société. Plusieurs experts indépendants affirment que “le système éducatif connaît des problèmes autrement plus graves, surtout liés au manque criant d’enseignants et à l’absence, dans la plupart des écoles, de conditions élémentaires permettant d’étudier, comme l’éclairage, le chauffage ou les pupitres.”

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