Ngũgĩ wa Thiong’o, l'histoire kényane en mémoire

Ngũgĩ wa Thiong’o publie le premier volet d’une autobiographie qui en compte trois. 
Ngũgĩ wa Thiong’o publie le premier volet d’une autobiographie qui en compte trois.

Près de quinze ans. C'est le temps qu'il aura fallu attendre pour avoir la chance de lire en français la traduction des mémoires de l'intellectuel kényan installé aux États-Unis Ngũgĩ wa Thiong'o. Reconnu internationalement – en particulier pour son essai Decolonizing the Mind, paru en 1986 dans le champ anglophone et publié en France en 2011 –, ce géant des lettres né en 1938, ancien professeur aux universités de Yale, New York et Californie à Irvine, passe modes et postures avec le même soin de la transmission – des langues notamment.

« Ces mémoires étaient indélébiles dans mon esprit… C'est avant tout pour mes deux derniers enfants, nés aux États-Unis, que je les ai écrits. Il fallait qu'ils puissent savoir, qu'ils puissent lire mon enfance. » Du haut de ses 84 ans, Ngũgĩ wa Thiong'o n'en finit pas de surprendre : « Je me suis retrouvé à les écrire en anglais… mais elles auraient dû être dans la langue de mon enfance, en kikuyu, n'est-ce pas ? » Et d'ajouter : « Je me sens un peu coupable… et dans le même temps je suis heureux que ce texte soit disponible en anglais – et en français dorénavant. »

Véritable mémoire vivante, attaché autant à l'épaisseur de l'Histoire qu'aux manières de la raconter – il est aussi auteur de multiples romans et pièces de théâtre –, Ngũgĩ wa Thiong'o a fait un combat singulier de sa vie fracturée par les mouvements successifs et l'exil. Conserver dans leurs langues originales les mémoires d'une histoire effacée et les transpose [...] Lire la suite

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