New Order au Grand Rex: les diables noirs de Manchester

Rodineau, Claire
Bernard Sumner de New Order, le 7 décembre dernier au Carnegie Hall, à New York. / Ilya S. Savenok/AFP

Après un retour aux sources salvateur, le groupe, né des cendres de Joy Division il y a bientôt quarante ans, se produit à Paris ce vendredi.

Le succès a été fulgurant. Dès son deuxième album, l’ovni synthpop Power Corruption and Lies (1983), New Order atteignait les sommets avec Blue Monday , hymne de boîte de nuit et 45-tours le plus vendu de tous les temps avec trois millions d’exemplaires écoulés. Depuis, il y a eu les samples, innombrables, et les tournées dans les grandes salles. Les groupies, les drogues, l’alcool aussi, comme le décrit le bassiste Peter Hook dans son autobiographie au titre idoine, Substance: Inside New Order. Malgré cela, la bande de Bernard Sumner et Stephen Morris - les deux membres d’origine encore à bord, Hook ayant quitté le navire en 2007 - est restée arrimée à Manchester. Les bottes engluées dans ce déprimant berceau de l’Angleterre industrielle, terreau de l’ultranoir Joy Division. Dans le documentaire de Grant Gee, Joy Division, le chanteur Bernard Sumner assurait ne jamais avoir vu d’arbre avant ses 9 ans.

Le dernier album de New Order, dont le titre (∑(No, 12k, Lg,17Mif)) ressemble à une ligne de code informatique, est un brillant clin d’œil à ces premières années. Le disque a été enregistré en 2017 aux anciens studios TV de Granada à Manchester. À l’instar de plusieurs grands noms de la scène punk, comme les Sex Pistols, Joy Division y a fait ses débuts, sur le plateau de l’émission de Tony Wilson, So It Goes . Quelle émotion d’entendre ces titres qui n’avaient pas été joués depuis le suicide de Ian Curtis, le 18 mai 1980! Ainsi, entre autres raretés, cette version de Disorder, titre inaugural du mythique Unknown Pleasures - dont la pochette signée Peter Saville, qui représente les cent pulsations radio du pulsar CP 1919, est devenue l’une des plus connues du siècle.

Passé les premières notes de la célébrissime intro à la basse, on se surprend à entendre le timbre sépulcral de Curtis dans la voix de Sumner. Un regret, (...) Lire la suite sur Figaro.fr

New Order: retour en odeur de synthés 
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