« Ce n'est qu'un début, commissaire Soneri » : un polar à l'italienne, à contre-temps du monde moderne

Mélancolique, nostalgique. Tel est l’état d’esprit du policier dans le dernier opus de Valerio Varesi. Sa nostalgie est douloureuse. « Je suis né à une autre époque et je n’avais pas ses certitudes. Je doute trop. » Mais comment regretter une époque qu’au fond, on a peu aimée, une époque qui ne nous fait pas pour autant apprécier celle dans laquelle on vit. Soneri est un cérébral, n’attendez pas de lui qu’il se comporte comme un taureau, qu’il fonce dans le tas. Non, ce qu’il aime, lui, c’est le tâtonnement, l’instinct. Lorsqu’il commence une nouvelle enquête, il a toujours l’impression d’être une « vis qui tourne à vide ». Le contraire de ce qui est exigé aujourd’hui.

Deux morts. Un suicide et un meurtre. Un jeune homme s’est pendu dans un vieil hôtel abandonné. Il n’y a ni papier, ni argent, rien. À l’exception d’une valise de luxe. Les vêtements du défunt sont chics aussi. Soneri s’interroge. Suicide ? Vraiment ? Un autre drame survient. Cette fois, c’est un meurtre. Celui de Elmo Boselli, un ancien de la scène politique italienne des soixante-huitards de Parme. Un homme à femmes. Lardé de coups de couteau. Le crime porte la signature de quelque chose de personnel.

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Mais l’enquête part dans tous les sens, elle échappe à toute logique, et puis les protagonistes vivants l’énervent. Le communisme, on a vu où ça a mené. Nulle part. Ou vers le fascisme pour leurs...


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