"Elle n'est pas encore tombée": comment Marioupol, ville martyre, résiste à l'invasion russe

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La ville de Marioupol (Ukraine) le 12 avril 2022. - Andrey BORODULIN

Des militaires ukrainiens se sont retranchés dans une usine de la ville portuaire où les bombardements se poursuivent et les évacuations de civils sont rendues impossibles.

Un ville martyre qui n'est pas encore totalement tombée aux mains des Russes. Marioupol est sans conteste un nom qui marque et marquera l'invasion russe en Ukraine, qui dure depuis bientôt deux mois. Située au sud-est du pays, la ville portuaire est désormais majoritairement contrôlée par les forces de Moscou, même si les militaires continuent de défendre certaines portions de territoire.

"20 à 25% de la ville sont toujours défendus sous le contrôle ukrainien", affirme sur BFMTV Sergeï Orlov, le maire-adjoint de Marioupol. "La situation change, les forces armées ukrainiennes contrôlent le sud de la ville, les quartiers industriels, l'usine Azovstal et les territoires environnants", ajoute-t-il.

Un ultimatum fixé dimanche par les Russes

Azovstal, un complexe métallurgique où se sont retranchés les derniers combattants ukrainiens, mais pas seulement. Selon un responsable policier de Marioupol, "beaucoup de civils dont des femmes, des enfants, des bébés et des personnes âgées" se trouvent non loin de cette usine.

Dimanche, le ministère russe de la Défense a demandé aux personnes présentes dans l'usine de cesser les combats et d'évacuer les lieux, "seule chance pour eux de s'en sortir vivant". Pas question, pour le Premier ministre ukrainien.

"La ville n'est pas encore tombée, il reste nos forces militaires, nos soldats. Ils se battront jusqu'au bout, a déclaré Denys Shmyhal sur la chaîne américaine ABC.

"La Russie a totalement bloqué la ville"

Selon Sergeï Orlov, "entre 100 000 et 130 000 personnes sont toujours à Marioupol et souffrent sous les tirs, sans eau sans nourriture avec tous les problèmes humanitaires". D'après le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial David Beasley, plus de 100 000 civils sont au bord de la famine à Marioupol, manquant également de chauffage.

"La Russie a totalement bloqué la ville", poursuit l'élu ukrainien, déplorant l'absence d'évacuation humanitaire à cause de la Russie: "ceux que nous avons réussi à faire évacuer, ils sont partis à leurs risques et périls".

Aucun couloir humanitaire n'a été mis en place ce lundi pour l'évacuation des civils des zones de combats en Ukraine. Un "blocage" dénoncé par la vice-Première ministre Iryna Verchtchouk, accusant la Russie de bombarder les convois.

Le président Volodymy Zelensky a dénoncé une situation inhumaine et appelle les Occidentaux à livrer des armes lourdes pour se défendre. "Tout comme les militaires russes détruisent Marioupol, ils veulent anéantir d'autres villes et d'autres communautés dans les régions de Donetsk et de Lougansk", a-t-il poursuivi, avant de lancer: "nous faisons tout pour assurer la défense".

Article original publié sur BFMTV.com

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