"Il n'est pas condamné à perpétuité": Bompard défend un retour de Quatennens

Pour le député insoumis, il est "normal" que LFI "travaille collectivement aux conditions du retour d'Adrien Quatennens" à l'Assemblée nationale.

Adrien Quatennens de retour au Palais Bourbon? L'idée fait son chemin à La France insoumise (LFI). "Aucun des députés de notre groupe politique n'a demandé sa démission. À partir de ce moment-là, il est normal que collectivement, on travaille, on réflechisse ensemble [...] aux conditions [d'un] retour", a déclaré ce mardi le député insoumis des Bouches-du-Rhône Manuel Bompard sur BFMTV-RMC. Tout en tempérant: "Ça prendra le temps qu'il faut".

Adrien Quatennens s'est mis en retrait de ses fonctions de coordinateur de LFI le 18 septembre dernier. Ce jour-là, il a reconnu dans un communiqué des violences conjugales envers son épouse, Céline Quatennens, dont notamment une gifle. Sa femme a déposé deux mains courantes à son encontre et il est visé par une enquête du parquet de Lille pour "violences par conjoint".

S'il ne siège plus au Palais Bourbon depuis près de deux mois, le député du Nord n'a pas démissionné de son mandat parlementaire. D'ailleurs, il a continué à voter à distance malgré son absence. Ce week-end, il a signé sa première intervention publique depuis sa mise en retrait en réagissant à l'effondrement de deux immeubles à Lille.

Une sanction "proportionnée à la gravité de la faute"

Sur BFMTV, Manuel Bompard reconnaît qu'Adrien Quatennens a fait une faute. Il l'a "d'ailleurs admise et reconnu lui-même", souligne-t-il. Le stratège insoumis poursuit:

"Quand on fait une faute, quand on reconnaît une erreur, il doit y avoir une sanction, c'est une évidence. Mais cette sanction doit être proportionnée à la gravité de la faute que l'on a reconnue".

Et Manuel Bompard de défendre un Adrien Quatennens qui n'est pas "condamné à perpétuité". Un discours en droite ligne de celui de Jean-Luc Mélenchon. Le leader de LFI s'est rapidement signalé pour réclamer un retour de son poulain. "Je pense qu'il doit revenir", avait-t-il déclaré dès le 9 octobre dernier.

Reste que l'affaire est sensible chez les insoumis. Dans un parti dont les membres chantent souvent à l'unisson, certaines personnalités ont néanmoins pris leurs distances avec les propos de Jean-Luc Mélenchon au début de l'affaire. Le tribun avait dans un premier temps salué le "courage" et "la dignité" d'Adrien Quatennens, sans un mot pour la victime, créant ainsi un malaise dans son camp.

Interrogée dans l'émission Questions politiques sur France Inter concernant un retour d'Adrien Quatennens, Sandrine Rousseau a jugé ce scénario "impossible" dans l'immédiat. Pour la députée écologiste de Paris, l'insoumis doit "prouver aux femmes, notamment aux femmes battues, que son retour en politique pourrait servir ce combat-là (celui de la lutte contre les violences faites aux femmes)".

Article original publié sur BFMTV.com

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