« Ce n'est pas une élection, mais un gigantesque procès criminel »

Propos recueillis par Marlène Panara
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La trêve aura été de courte durée. Seulement trois jours après l'annonce de la réélection du président sortant John Magufuli, son principal opposant, Tindu Lissu, a été arrêté avec sept autres responsables de son parti Chadema. Si le candidat arrivé second a finalement été libéré après deux heures d'interrogatoire, cet épisode en dit long sur le tunnel liberticide que traverse la Tanzanie depuis 2015, date à laquelle John Magufuli a accédé au pouvoir suprême. Menaces, arrestations et censure, le régime a usé de tous les stratagèmes pour faire taire la moindre voix dissidente.

Début octobre, la Commission électorale a même suspendu pour sept jours la campagne de Tundu Lissu pour cause de « propos séditieux » et d'« accusations infondées » violant ainsi les lois électorales. Si la stratégie n'est pas des plus subtiles, elle s'avère gagnante : le chef d'État, crédité de 84,39 % des voix, rempile pour cinq ans sous les couleurs du parti historique, le Chama Cha Mapinduzi (CCM). Comment cet ancien ministre, le « petit » candidat de 2015, s'est-il installé durablement à la tête de l'État ? Est-il encore permis aux Tanzaniens d'espérer un changement, ou du moins quelques évolutions ? Aikande Clement Kwayu, chercheuse indépendante et enseignante en droit à l'université Tumaini-Makumira d'Arusha, répond au Point Afrique.

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