Nelly : « Est-ce que c'est la testostérone qui fait que les hommes ont plus de force que les femmes ? »

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On entend souvent dire que si les hommes sont plus costauds que les femmes, c’est à cause d’une hormone appelée la testostérone. Mais qu’est-ce qu’une hormone ? C’est une substance chimique qui est fabriquée par une glande et libérée dans le sang, de telle sorte qu’elle va pouvoir agir sur différents organes du corps.

C’est bien le cas de la testostérone qui a des effets multiples sur les muscles, les os, les graisses, les poils, les organes génitaux, etc. La testostérone stimule en particulier la fabrication des protéines par les cellules musculaires et aussi la production de globules rouges qui apportent l’oxygène à l’ensemble du corps.

En conséquence, l’organisme est plus fort pour faire des exercices physiques, et cela concerne aussi bien les hommes que les femmes. Il y a cinquante ans, dans les compétitions sportives, la testostérone a été utilisée pour augmenter artificiellement les performances des athlètes. Cette pratique du dopage est désormais interdite parce qu’elle est injuste et contraire aux règles de la compétition sportive, et aussi parce que la testostérone à forte dose a des effets toxiques pour le cœur et le foie.

Naturellement, d’où vient la testostérone ? Chez les hommes, la testostérone est principalement fabriquée par les testicules et chez les femmes par les ovaires. Mais il existe aussi d’autres sources de testostérone à partir des glandes surrénales (situées au-dessus des reins) et du tissu adipeux (les graisses).

En moyenne, la concentration de testostérone dans le sang est environ deux fois forte chez les hommes que chez les femmes. Mais cela ne signifie pas obligatoirement que les hommes ont toujours plus de force que les femmes.

En effet, la fabrication de testostérone varie beaucoup en fonction de l’âge et des modes de vie de chacun, alimentation, consommation de tabac et d’alcool, exercice physique, etc. De plus, l’environnement social et psychologique influence aussi la production de testostérone. Par exemple, on a observé qu’après une partie de tennis, le gagnant a fabriqué plus de testostérone que le perdant, alors qu’il n’y avait pas de différence avant le match. De même, en regardant un match de football, les supporters produisent plus de testostérone quand leur équipe gagne que quand elle perd !

En fait, la testostérone est davantage fabriquée dans une situation de compétition chez les hommes et aussi chez les femmes. Cette réaction permettrait à l’organisme de se préparer à se défendre en cas de menace en mobilisant plus de force et d’énergie. Mais attention cela ne signifie pas que la testostérone est responsable des comportements agressifs, qui eux sont liés au contexte de vie et à l’état psychique de la personne.

Des enquêtes réalisées chez des garçons de 13 à 16 ans montrent que la concentration de testostérone qui augmente à la puberté n’est pas associée à des comportements agressifs ou de prise de risque, souvent présents bien avant l’adolescence. Chez les hommes auteurs d’actes de délinquance, le taux de testostérone n’est pas corrélé avec le degré de violence des comportements. Ce n’est pas non plus la testostérone qui incite les hommes à conquérir le pouvoir, à faire la guerre ou à exercer des violences sur les femmes.

L’explication est à chercher dans l’histoire de l’humanité, dans les croyances traditionnelles et religieuses qui attribuent aux hommes le pouvoir dans la société, dans la politique et l’éducation, alors que les femmes sont réduites au rôle de mère au foyer. Heureusement, dans les pays démocratiques, les mentalités et les lois évoluent vers plus d’égalité entre les hommes et les femmes, mais hélas ce n’est pas encore le cas dans l’ensemble des pays du monde.

 <span class="attribution"><a class="link rapid-noclick-resp" href="https://www.dianerottner.com/" rel="nofollow noopener" target="_blank" data-ylk="slk:Diane Rottner">Diane Rottner</a>, <a class="link rapid-noclick-resp" href="http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/" rel="nofollow noopener" target="_blank" data-ylk="slk:CC BY-NC-ND">CC BY-NC-ND</a></span>

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La version originale de cet article a été publiée sur La Conversation, un site d'actualités à but non lucratif dédié au partage d'idées entre experts universitaires et grand public.

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