"Je ne suis pas un uberolâtre": comment le ministre Emmanuel Macron parlait d'Uber

Le président Emmanuel Macron participe à une visioconférence sur l'Ukraine le 8 mai 2022 au palais de l'Elysée à Paris - Thibault Camus © 2019 AFP
Le président Emmanuel Macron participe à une visioconférence sur l'Ukraine le 8 mai 2022 au palais de l'Elysée à Paris - Thibault Camus © 2019 AFP

Le président de la République française Emmanuel Macron est pointé du doigt dans les "Uber files" publiés ce dimanche par le journal Le Monde. S'appuyant sur différents témoignages et documents, dont de nombreux échanges de SMS, le quotidien conclut à l'existence d'un "deal" secret entre Uber et Emmanuel Macron alors qu'il était ministre de l'Economie.

Le Monde fait notamment état de réunions dans le bureau du ministre, de nombreux échanges (rendez-vous, appels ou SMS) entre les équipes d'Uber France et Emmanuel Macron ou ses conseillers, entre 2014 et 2016. Sont pointées du doigt certaines pratiques destinées à aider Uber à consolider ses positions en France, comme le fait de suggérer à l'entreprise de présenter des amendements "clés en main" à des députés.

Depuis, des extraits de déclarations d'Emmanuel Macron au sujet d'Uber, à l'époque où il était candidat pour la première fois à l'Elysée, ressortent. Il critiquait alors certains aspects du modèle de cette entreprise mais louait en même temps le fait qu'elle avait créé de nombreux postes en France.

"Je ne suis pas un uberolâtre, au contraire"

En novembre 2016, il était ainsi interrogé sur les conditions de travail des chauffeurs Uber, travaillant beaucoup pour peu de salaire.

"En effet ils travaillent parfois 60/70 heures pour toucher le Smic", déclarait-t-il à Mediapart, "mais ils rentrent dans la dignité, ils trouvent un travail, ils mettent un costume, une cravate", ajoutait-il, appuyant le fait qu'Uber faisait travailler des personnes qui n'avaient pas de travail auparavant. Mais "le fait que leur employeur [Uber] ne paye pas d’impôts en France est un problème", ajoutait-il.

"Je ne suis pas un uberolâtre, au contraire, car je pense que leur vocation finale c’est de ne pas payer d’impôts et c'est plutôt d’avoir des véhicules autonomes, ce n'est même pas d’avoir des chauffeurs mal-payés", déclarait-il également.

Au cours de l'émission, il appelait surtout à "apporter des protections" aux chauffeurs, et souhaitait qu'il y ait pour eux "une trajectoire de progrès". "Je ne suis pas pour l'uberisation de la vie économique, je n'aime pas ce terme", soulignait-t-il alors.

"Je n'ai jamais défendu les intérêts de l'un ou de l'autre"

Dans un autre extrait, remontant à avril 2017, le candidat Emmanuel Macron répond cette fois aux critiques sur ses liens supposés privilégiés avec les patrons VTC. Sur France 2, Sayah Baaroun, chauffeur VTC, aujourd'hui secrétaire Générale du Syndicat des Chauffeurs Privés VTC, l'accuse de laisser son directeur de cabinet faire du lobbying avec "l'écosystème du VTC", pour aller dans le sens de la volonté des patrons de Uber.

"Je n'ai jamais défendu les intérêts de l'un ou de l'autre, je dis juste que je défendrai toujours les emplois créés", répond alors Emmanuel Macron.

Sollicitée par l'AFP sur l'affaire des "Uber files", la société Uber France a confirmé la tenue de réunions avec Emmanuel Macron, soulignant qu'il s'agissait de rencontres qui "relevaient de ses responsabilités en tant que ministre de l'Économie et du Numérique supervisant le secteur des VTC".

L’Elysée a de son côté indiqué à l'AFP qu'Emmanuel Macron, comme ministre de l'Economie, était "naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu’il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires".

Article original publié sur BFMTV.com

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