"On ne touche pas", de Ketty Rouf : un premier roman qui dissèque habilement le rapport au corps et à la liberté

Carine Azzopardi
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L’histoire : Côté face, il y a Joséphine, 35 ans, professeure de philosophie dans un lycée d’une banlieue difficile de Paris. Côté pile, il y a Rose Lee, qui s’effeuille dans un cabaret de luxe près des Champs-Elysées la nuit. Une seule et même personne dont le récit nous dévoile le rapport entre le corps et l’esprit, et leur unification salutaire. On ne touche pas, de Ketty Rouf, publié aux éditions Albin Michel a obtenu le Prix du premier roman 2020.

Pour passer de Joséphine à Rose Lee, il y a eu la danse. Chaque vendredi soir, après sa semaine de travail, Joséphine retrouve d’autres femmes pour un cours un peu particulier : on y apprend l’art de l’effeuillage. Une lueur de vitalité dans un quotidien d’enseignant morne et déprimant, où Joséphine ne survit que grâce aux anxiolytiques, comme beaucoup de ses collègues. Dans la classe où elle enseigne la philosophie à une trentaine d’élèves, beaucoup n’ont jamais lu un livre, restant scotchés aux écrans et à leur présent perpétuel : "J’ouvre la porte. Ils traînent leurs carcasses encombrées de sacs à dos jusqu’aux bancs. Certains se vautrent bruyamment à leur place, d’autres se balancent déjà sur des chaises qui risquent de craquer, le regard sondant le vide. Je me tais, pensant (...)

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