“Non, on ne tombe pas amoureux d’un pays”

Pamela Petro est née dans le New Jersey, près de New York, aux États-Unis. Dans les pages du magazine Salon, elle déclare son amour pour le pays de Galles, découvert lorsqu’elle était étudiante, où elle a vécu et où elle s’est rendue une trentaine de fois en quarante ans et auquel elle a consacré un livre, tout en s’agaçant contre ce cliché du “coup de foudre” pour un pays, “la phrase la plus éculée des écrits de voyage”.

Pour elle, l’amour, c’est autre chose : “J’aime une femme – ma partenaire depuis trente-six ans. J’adore un chien – mon welsh corgi de 3 ans. Mes parents sont morts, mais je les aime toujours. J’aime aussi les glaces et les saisons 1 et 3 de Ted Lasso. Et tout ça me convient. L’amour est un terme élastique.” Mais le sentiment d’appartenance à un lieu est différent.

Une ascension plutôt qu’une chute

Pourtant Pamela Petro aime profondément le pays de Galles, “les pâturages vallonnés de Ceredigion au crépuscule, la douce odeur du fumier et de la photosynthèse de la journée, le calme des moutons et des siècles de secrets, au bord de l’obscurité, du silence et de la pauvreté”. Tout cela l’a “mise à genoux”. Elle a aussi été séduite par la marginalité galloise au sein du Royaume-Uni, qui faisait écho à sa propre attirance pour la contestation politique et pour les alternatives en tant que femme homosexuelle. Par ailleurs, le pays de Galles lui a donné un ancrage dans la nature, loin de “la banlieue du New Jersey, où la géographie de la planète est cachée sous une croûte de maisons, d’autoroutes et de centres commerciaux du XXe siècle”.

Pour autant, elle estime que dire qu’elle serait tombée amoureuse de ce pays serait trop “sentimental et bidimensionnel”. Alors, oui, Pamela Petro “aime” le pays de Galles, mais elle n’en est pas tombée amoureuse, de façon soudaine et facile. “J’ai dû travailler pendant des décennies pour gagner le droit d’aimer le pays de Galles. J’ai dû apprendre sa langue – enfin… disons que j’ai dû essayer de l’apprendre –, ses mythes et son histoire, lire ses poètes et ses romanciers, écouter ses hymnes, ses chansons et ses groupes folkloriques, descendre dans ses mines et parcourir ses chemins. Laisse sa pluie tremper mes cheveux et s’infiltrer dans mes os. Au contraire, mon amour pour le pays de Galles a été plus une ascension qu’une chute, écrit-elle aujourd’hui. Je pense qu’il faudra toute une vie pour atteindre le sommet.”

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