"Je ne sentais plus mon corps": des victimes de piqûres en boîte de nuit racontent leur agression

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Le parquet de Nantes a ouvert une enquête sur de mystérieuses piqûres en boîte de nuit, dont 23 jeunes ont signalé avoir été victimes ces dernières semaines - Pau BARRENA © 2019 AFP
Le parquet de Nantes a ouvert une enquête sur de mystérieuses piqûres en boîte de nuit, dont 23 jeunes ont signalé avoir été victimes ces dernières semaines - Pau BARRENA © 2019 AFP

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Depuis le mois de mars, plusieurs jeunes femmes et hommes ont porté plainte après avoir ressenti une sensation de piqûre en boîte de nuit, suivie de différents symptômes. Face à ces agressions, des enquêtes ont été ouvertes dans différentes villes de France.

Dans toutes les villes concernées, les récits des victimes se rejoignent. Elles participaient à une soirée en boîte de nuit lorsqu'elles ont eu la sensation de se faire piquer à différents endroits du corps, selon les témoignages, par exemple au niveau des cuisses, des fesses, des bras ou encore du dos.

Une sensation de jambes coupées

Zoé, 20 ans, est étudiante. Elle fait partie des victimes de ce phénomène. Le jeudi 14 avril elle sort en boîte de nuit quand elle commence à se sentir mal, environ deux heures après son arrivée.

"J'ai perdu complètement la vision. J'avais besoin d'air alors je me suis précipitée vers la sortie. En sortant, j'ai eu comme les jambes coupées. Je n'avais plus aucune force dans les jambes", raconte-t-elle.

Face à la détresse de le jeune femme, ses amis l'amènent aux urgences où elle ressent une forte douleur dans la fesse droite.

"Je me suis dit 'il s'est passé quelque chose'. Le lendemain on a constaté une trace de piqûre au niveau de ma fesse droite avec mon médecin. Les tests sont toujours en cours pour savoir ce qu'on m'a injecté", explique Zoé.

Comme elle, Arthur affirme lui aussi avoir été drogué par injection à son insu:

"J’ai senti quelque chose frôler mon bras. Je me suis dit que c'était peut-être les robes de fille à paillettes. Sauf qu’entre une et deux minutes après j’ai perdu l’usage de ma jambe droite. Entre cinq et six minutes après j’ai perdu l’usage de ma jambe gauche. Je ne sentais plus mon corps. Je ne pouvais plus bouger aucun membre à l’exception de ma tête".

Les causes des symptômes toujours à l'étude

Plus d'un mois après l'ouverture d'une enquête à Nantes, les signalements continuent d'affluer. Ils sont aujourd'hui au nombre de 43, selon le procureur contacté par BFMTV.com. Pour autant, difficile pour l'heure de trouver un motif à ses piqûres. En revanche, si aucun abus sexuel n'a été rapporté, une victime de 17 ans affirme s'être fait voler son téléphone, ses clés, sa montre et sa carte bleue à Voiron, près de Grenoble.

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Quid du produit injecté? Les enquêteurs tentent toujours de savoir si les piqûres sont liées à des injections de drogues type GHB, aussi appelée "drogue du violeur".

Pour déceler cette dernière, les prélèvements doivent être réalisés très rapidement après la piqûre, car elle a la particularité de disparaître dans le sang en six à huit heures, et entre huit et douze heures dans les urines.

Le ou les agresseurs encourent au minimum une peine d'emprisonnement de trois ans, si aucune substance nuisible n'a été injectée. Le cas contraire, la peine peut aller jusqu'à sept ans.

Article original publié sur BFMTV.com

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