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"On ne sait pas ce qu'il y a dedans": une tabacologue alerte sur les dangers des sachets de nicotine

BFMTV

Un phénomène qui inquiète de plus en plus. Dans une enquête parue mardi, l'Alliance contre le tabac alerte sur les nouvelles consommations qu'ont les jeunes âgés de 13 à 16 ans des "nouveaux produits de la nicotine et du tabac." Particulièrement visés par ces travaux, les sachets et perles de nicotine, de plus en plus mis en avant par les industriels du secteur, mais aussi les snus, une variante des sachets qui contient du tabac, interdite à la vente en France mais facilement accessible en ligne.

Invitée sur le plateau de BFMTV ce mercredi, Alice Denoize, tabacologue et écrivaine fondatrice du blog Le Declic anti clope, alerte également sur ces produits en vente libre, en particulier les sachets, dans les bureaux de tabac. "Le problème c'est que ces produits viennent de l'industrie du tabac, qui n'est pas vraiment réputée pour sa transparence", commence-t-elle. Selon elle, la composition même de ces produits pose problème.

"On ne sait pas ce qu'il y a dedans, mais on sait qu'il y a entre 3 et 20 mg de nicotine alors qu'une cigarette c'est entre 1 et 3mg. Quand on donne ça à un cerveau d'adolescent, qui n'est pas terminé, ça a un effet au niveau addictif de l'effet d'une bombe."

Comme l'a expliqué mardi à BFMTV.com le président de l'Alliance contre le tabac Loïc Josseran, cette dépendance dès le plus jeune âge est "une porte d'entrée vers la cigarette traditionnelle, c'est un passage."

Outre la dépendance qu'elle déclenche, le ministère de la Santé pointe les autres troubles possibles liés à ces produits: cancers oraux et du pancréas, lésions des muqueuses dans la bouche, une rétraction irréversible des gencives ou encore des palpitations et vomissements.

Pas de logique de désensibilisation

Autre argument démonté par Alice Denoize, l'hypothèse que ces nouveaux produits pourraient être une aide pour les fumeurs qui souhaitent arrêter la cigarette. "C'est le grand argument, qu'il n'y a pas de fumée, pas de monoxyde de carbone", pointe-t-elle.

"Franchement je ne pense pas" que ce soit efficace, dit-elle, avançant le fait que si le cerveau est inondé de nicotine, "il va exciter les neurotransmetteurs qui font du bien, il ne va pas être dans une logique de désensibilisation, il va en redemander."

Finalement, la tabacologue réfute également la théorie selon laquelle la nicotine serait un allié pour les sportifs en raison de l'excitation qu'elle peut produire avant un effort physique. "Je connaissais une sportive qui en utilisait, c'était tellement addictif qu'elle a dû utiliser des patchs de nicotine pour se délivrer", dit-elle.

À l'image de ce qu'a réclamé Loïc Josseran auprès de BFMTV.com, et comme le souhaite également la Confédération des buralistes, Alice Denoize assure qu'il convient de légiférer rapidement afin d'interdire la vente de ces produits aux mineurs "au même titre qu'on interdit le tabac." "On aimerait que ça aille un peu plus vite", appuie-t-elle.

Toujours dans l'idée de prémunir les mineurs du tabac et de ses méfaits, la Première ministre Élisabeth Borne avait annoncé, en septembre dernier, sa volonté d'interdire les "puffs", des cigarettes électroniques jetables, dans le cadre d'un "nouveau plan national de lutte contre le tabagisme.

Article original publié sur BFMTV.com