«On ne s’oppose pas à Marine Le Pen comme on s’opposait à son père»

Libération.fr

Pour l’historien Pascal Blanchard, le monde antiraciste des années 80 a vécu et l’on ne peut plus se contenter de discours moralisateurs. Il faut déconstruire les idées du Front national.

L’historien Pascal Blanchard est spécialiste du fait colonial et de l’immigration. Il vient de publier, avec Farid Abdelouahab les Années 30 - et si l’histoire recommençait ? (La Martinière). Selon lui, le vote Macron au second tour pourrait se révéler être davantage qu’un simple réflexe contre l’extrême droite. Le leader d’En marche incarne aussi à ses yeux un libéralisme sociétal bienvenu.

Malgré l’engagement de nombreux intellectuels contre l’extrême droite, Marine Le Pen est au second tour. Quel constat en tirez-vous ?

Le score de Marine Le Pen aurait été bien plus élevé s’il n’y avait pas eu cette mobilisation. Beaucoup de jeunes intellectuels - Raphaël Liogier, Rachid Benzine, Alain Mabanckou ou Nicolas Lebourg, mais aussi la Fondation Jean-Jaurès ou les Gracques - ont agi cette fois-ci de façon efficace, en menant un travail sur le registre de l’analyse froide et rationnelle. On ne s’oppose pas à Marine Le Pen comme on s’opposait à son père. Tout a changé. Le discours du Front national, mais aussi le contexte : depuis trente ans, très peu de choses ont été faites dans les banlieues ou les outre-mer. Donald Trump est au pouvoir aux Etats-Unis. Le contexte international et les attentats ont placé la peur au cœur des émotions des électeurs. Nous ne sommes plus dans le monde antiraciste des années 80 : il ne s’agit plus de faire des discours moralisateurs, mais de déconstruire ce qui fait le cœur du discours frontiste. Expliquer de façon scientifique ce que va être la France de Le Pen, ce que deviennent les Etats-Unis de Trump.

Comment analysez-vous le phénomène Macron ?

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