« Il ne peut y avoir de fonds pour ceux qui n'adhèrent pas aux fondamentaux de la démocratie »

Propos recueillis par Emmanuel Berretta
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Le Parlement européen, à Strasbourg.
Le Parlement européen, à Strasbourg.

Le Conseil européen consacré à la lutte contre la pandémie, qui s'est tenu jeudi soir en visioconférence, n'a fait qu'effleurer le blocage du plan de relance et du budget de long terme. La conditionnalité liant les fonds européens au respect de l'État de droit a été rapidement abordée par Angela Merkel, qui a fait le point sur la situation. Les opposants, Viktor Orban (Hongrie), Mateusz Morawiecki (Pologne) et Janez Jansa (Slovène), ont réitéré leur point de vue. La négociation n'est pas possible dans ce format vidéo. Selon les observateurs, elle sera longue, d'autant qu'elle implique le Parlement européen, intransigeant sur le respect de l'État de droit. Le Roumain Dacian Ciolos, chef du groupe Renew au Parlement européen, nous explique, dans l'entretien qui suit, pourquoi l'État de droit n'est pas un instrument politique contre la Hongrie ou la Pologne, mais le fondement de l'Union européenne.

Le Point : L'État de droit, qui devrait être une valeur commune à l'ensemble les États européens ? notamment ceux qui ont souffert du joug communiste ?, est devenu l'objet d'un blocage politique majeur avec la Pologne et la Hongrie. Vous qui avez vécu sous une dictature, comment expliquez-vous ce retournement des valeurs à l'est ?

Dacian Ciolos : Ce n'est pas un retournement des valeurs dans la société. Ce que nous voyons, c'est une interprétation des valeurs faite par des politiciens qui veulent imposer une vision de façon unilatérale, sans écouter les attentes de l [...] Lire la suite