Ne parlons pas de «vote utile», mais de «vote tactique»

Libération.fr

Nouvelle petite formule dont sont friands les commentateurs relayés par les médias : «La tentation du vote utile». Formule désespérante et méprisante, s’il en fut, pour un électorat en mal de choix. 

Les trois catégories d’électeurs

Mais ce n’est pas ainsi qu’il faut voir les choses. De ces trois catégories psychologiques d’électorat que sont les convaincus, les pas contents et les fluctuants, catégories qui traversent toutes les couches de la société, c’est la première, dans laquelle se trouve une partie de la seconde, qui est concernée.

Les pas contents se trouvent dans tous les camps, ils disent que «rien ne va», sont capables de changer de camp, de s’abstenir ou de s’extrémiser, et constituent la partie la plus imprévisible de l’électorat. Les fluctuants – qu’il ne faut pas confondre avec les indécis des sondages – ne votent pas selon des principes idéologiques : ils réagissent en fonction de leur situation personnelle, et tout en se disant sceptiques ils se montrent particulièrement sensibles aux promesses et charisme des leaders. Les pas contents et les fluctuants font souvent basculer les résultats de gauche à droite, ou inversement.

Les convaincus – et précisons qu’il s’agit d’électeurs et non point de militants – n’ont généralement pas de problème de choix : ils votent les yeux fermés, par tradition, pour le candidat qui représente «leur famille», de droite ou de gauche. Les choses se compliquent lorsque la famille est divisée, et que chaque partie tire dans les pattes de l’autre (ou des autres), et elles se compliquent encore plus lorsque le leader qui représente chacune de ces parties, dans une surenchère de différenciation, adopte une posture qui rend impossible tout espoir d’alliance avec les autres.

C’est le cas à droite, entre le leader promu par la primaire, François Fillon, et l’extrême droite représentée par Marine Le Pen ; c’est le cas à gauche entre le leader élu par la primaire, Benoît Hamon, et la gauche radicale de Jean‑Luc Mélenchon.

Mais les (...)

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