"On ne se moque pas impunément des religions": l'archevêque de Toulouse crée la polémique

R.V.
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L'archevêque de Toulouse, Robert Le Gall.  - Pascal Pavani
L'archevêque de Toulouse, Robert Le Gall. - Pascal Pavani

L'archevêque de Toulouse Monseigneur Robert Le Gall a affirmé vendredi que "la liberté d'expression a des limites" et qu'"on ne peut pas se permettre de se moquer des religions, (car) on voit les résultats que cela donne". Ces propos tenus sur France Bleu Occitanie au lendemain de l'attentat de Nice dans une basilique (trois morts) ont été critiqués par le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon et des responsables socialistes régionaux.

"On met parfois de l'huile sur le feu avec ces questions des caricatures" de Charlie Hebdo, a indiqué l'archevêque. "Il faudrait apaiser tout cela car ces caricatures sont contre les musulmans mais contre la foi chrétienne aussi", a-t-il ajouté.

Diffuser des caricatures dans les écoles: l'archevêque est contre

Faut-il arrêter de diffuser ces caricatures dans les écoles notamment? "Je le pense profondément. On voit les conséquences, on met de l'huile sur le feu et c'est une escalade ensuite. La liberté d'expression a des limites comme toutes libertés humaines. On ferait mieux d'insister dans la devise républicaine sur la fraternité", a-t-il assuré.

Interrogé ensuite pour savoir s'il défendait la liberté de blasphémer la religion, Monseigneur Le Gall a répondu: "Non, personnellement, je ne pense pas. On ne se moque pas impunément des religions. On ne peut pas se permettre de se moquer des religions, on voit les résultats que cela donne".

"Les digues sautent"

Pour le chef de la France insoumise, "les digues sautent". "Un évêque excuse les crimes. Robert Le Gall, archevêque de Toulouse, la liberté de blasphémer les religions est en cause", a-t-il réagi sur Twitter.

La gauche locale indignée

Pour la présidente PS de la Région Occitanie Carole Delga, "la laïcité, la liberté d'expression et le droit de critiquer toute institution religieuse sont indissociables de notre pacte démocratique et républicain. Ce n'est pas négociable !" "Cette déclaration constitue un recul dans le processus de sécularisation de la religion catholique", a pour sa part souligné Georges Méric, le président PS du Conseil départemental de Haute-Garonne.

"La liberté de blasphémer n'est pas un acte licencieux mais appartient au droit de notre République, confirmant la liberté de penser et d'expression. Notre société est en prise avec le phénomène de sécularisation des religions qui doit aboutir à ce qu'aucune croyance ne règle la vie commune", a ajouté Georges Méric.

"La démarche de laïcisation engagée par la loi de 1905 fixant le principe de séparation des églises et de l'Etat doit être poursuivie, soutenue et renforcée afin que les croyances, qui relèvent du domaine de l'intime et du domaine privé, n'aient aucune incidence sur le domaine public, l'espace citoyen, qui doit être pacifié de tout prosélytisme", a-t-il conclu.

L'évêque de Nice dit son mot sur les caricatures

Dans un entretien publié ce samedi par Nice Matin, l'évêque de la ville endeuillée, Monseigneur André Marceau, a quant à lui nuancé: "Je ne suis pas Charlie, je suis André Marceau! Soyons nous-mêmes avec nos convictions. Ces caricatures, ce n'est pas mon problème." "Certes la liberté d'expression est sacrée en France, mais que chacun s'assume", a-t-il poursuivi, notant encore: "Il y a des identités qu'on ne peut pas trop bafouer à la légère"

La Conférences des évêques de France (CEF) avait qualifié jeudi d'acte "innommable" l'attaque de Nice et souhaité que "les chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre".

Article original publié sur BFMTV.com