"Ne nous laissez pas seuls": à Kaboul, un interprète afghan lance un appel au gouvernement français

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Ressortissant afghan, Hamid est marié, père de trois filles. Et il a longtemps travaillé comme interprète pour l'armée française. Aujourd'hui, il attend d'être exfiltré avec les siens vers la France. Mais bloqué à Kaboul avec sa famille, dans l'impossibilité de rallier l'aéroport, il en appelle au gouvernement français dans un témoignage diffusé par BFMTV.

"Il y a trois jours, nous avons reçu le mail d’une association nous disant de nous tenir prêts à une évacuation d’urgence. Mais depuis, on n’a pas eu de nouvelle." Dans la nuit de mardi à mercredi, la France a évacué 216 personnes - dont 184 Afghans - vers Abou Dhabi puis la France. Quelques heures plus tard, le ministère des Armées a confirmé une nouvelle "rotation", la troisième, avec cette fois 137 personnes à bord. 

Dans un cas comme dans l'autre, Hamid, ex-interprète pour le compte de l'armée française en Afghanistan, et les siens n'ont pas pu faire partie du voyage. Aujourd'hui, il se terre chez lui avec sa famille, de peur de tomber entre les mains des talibans, et demande au gouvernement français de les aider à quitter l'Afghanistan à travers un appel diffusé par BFMTV ce jeudi matin. 

"Maintenant, nous sommes en danger et demandons au gouvernement français de nous aider et de ne pas nous laisser seuls", lance-t-il solennellement, le visage bien entendu brouillé à l'antenne afin de préserver son anonymat, et justifie de ses états de service: "Nous avons servi pour les forces françaises. J’ai travaillé comme interprète pour eux, j’ai participé à beaucoup de missions."

"Chaque jour, et chaque nuit, on a peur"

Ce père de trois petites filles décrit le quotidien familial: "Quand on va près de nos fenêtres, on voit les talibans courir partout autour de notre maison. Alors, on est bloqué à l’intérieur, on ne peut pas sortir. On a peur que les talibans sachent qu’on a travaillé pour l’armée française comme interprète." 

Il y a la terreur, mais aussi l'espoir et l'attente fébrile d'un sésame donnant sur l'extérieur. 

"Chaque jour, et chaque nuit, on a peur. On se dit que les talibans vont nous trouver donc on ne sort pas. Et on regarde nos portables, nos mails pour voir si une évacuation est possible", confie ainsi Hamid.

Mardi, les Etats-Unis ont assuré que les talibans se proposaient désormais de garantir l'accès en toute sécurité à l'aéroport international de Kaboul, avant de les accuser mercredi de ne pas respecter leur promesse. Dans son témoignage, Hamid donne une idée du comportement des talibans sur la route menant aux pistes: "L’aéroport de Kaboul est plein à craquer. Tous les jours des dizaines de personnes sont frappées là-bas. C’est vraiment très compliqué d’y accéder."

Article original publié sur BFMTV.com

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