Todd Haynes : «Je ne me suis jamais vu comme un inventeur, plutôt comme un interprète»

Libération.fr
Todd Haynes.

Pour la sortie du «Musée des merveilles», le cinéaste américain Todd Haynes revient sur ses méthodes de travail et ses obsessions fétichistes.

Jamais Todd Haynes n’avait enchaîné si vite deux longs métrages, en presque trois décennies de carrière. Deux ans après Carol, le cinéaste, qui prenait naguère son temps pour polir l’écriture de chacun de ses projets sur des années, vient de tourner pour la deuxième fois seulement, et pour Amazon Studios, un scénario dont il n’était pas l’auteur, adapté d’un roman pour enfant, le beau et inégal Musée des merveilles. Libération l’a rencontré début octobre lors de sa venue à Paris, six mois après son passage en compétition à Cannes.

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Jusqu’à Carol, vous racontiez que vous demandiez à votre agent de décliner toute proposition de script, sans même les considérer. Comment en êtes-vous venu à tourner le Musée des Merveilles, écrit par Brian Selznick ?

Ma costumière, Sandy Powell, avait travaillé sur Hugo Cabret de Scorsese, dont Brian était l’auteur, et ils sont devenus amis. C’est elle qui m’a parlé de son adaptation en scénario d’un de ses autres livres et me l’a fait lire. Il y avait déjà un grand souci de l’aspect sonore, qui reformulait la manière dont les deux histoires suivent des trajets distincts dans le roman, entre texte et dessin, et un récit qui soulevait beaucoup de questions de montage très stimulantes. Cela m’a beaucoup plu, qu’il y ait d’ores et déjà cette dimension cinématographique, qui en appelle de façon évidente à tous les éléments fondamentaux du cinéma, et que cela renvoie à une façon maniériste de jouer et faire dériver des références cinématographiques, qui a pu m’intéresser par le passé. Bien sûr, comme sur Carol, il y a eu ensuite tout un processus où j’ai travaillé sur le scénario avec Brian pour me l’approprier et pouvoir ensuite échanger avec mes principaux collaborateurs, tel le chef opérateur, comme s’il s’agissait d’un film que j’avais écrit.

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