"Il ne faut pas politiser le sport": ces cinq fois où Emmanuel Macron a fait le contraire

"Il ne faut pas politiser le sport": ces cinq fois où Emmanuel Macron a fait le contraire
Emmanuel Macron célèbre un but pour la France lors de la finale du Mondial de football, le 15 juillet 2018 à Moscou.  - Alexeï Nikolsky - Sputnik - AFP
Emmanuel Macron célèbre un but pour la France lors de la finale du Mondial de football, le 15 juillet 2018 à Moscou. - Alexeï Nikolsky - Sputnik - AFP

Le Mondial de football au Qatar a beau continuer à faire débat - entre impact environnemental, conditions de travail des immigrés et place des personnes LGBT- Emmanuel Macron a estimé jeudi qu'il ne fallait pas "politiser le sport" dans l'attribution des lieux d'accueil des grands rendez-vous sportifs.

"Et que la question soit climatique ou qu'elle soit des droits de l'Homme, il ne faut pas se les poser à chaque fois que l'événement est là. C'est au moment où on l'attribue qu'on doit se la poser", a encore avancé le président.

De quoi surprendre alors que le chef de l'État a régulièrement utiliser le sport à des fins politiques. BFMTV.com s'est penché sur cinq exemples.

• Macron déclare sa flamme à l'OM

Entre le président et le club de l'Olympique de Marseille, c'est une histoire d’amour que le dirigeant met régulièrement en scène. On se souvient par exemple de cet échange entre lui et sa femme Brigitte Macron capté à l’occasion du documentaire Les coulisses d'une victoire sur sa campagne en 2017.

"Oh merde, deuxième fois putain", râle le futur président. "Quoi donc?", l’interroge son épouse en retour. Réponse: "Ben Monaco qui a battu l’OM à Marseille".

La scène fait son petit effet alors que l’OM est l’un des clubs les plus populaires de l’Hexagone. Tout juste élu, Emmanuel Macron se voit offrir un maillot de l’OM par des écoliers lors de l'émission Au Tableau sur C8 et se vante alors de la "petite étoile" du club olympien, symbole d’une victoire en Ligue des champions en 1993 - la seule d’une équipe française à ce jour.

L'idylle se poursuit dans la cité phocéenne dès l’été suivant sa prise de fonction à la magistrature suprême. Direction la Commanderie, le centre d'entraînement des olympiens, pour ses vacances. À cette occasion, il s'entraîne avec eux, affichant l'image d’un président sportif et amical. Une posture qui interroge.

"Dans les vestiaires, il n’a jamais parlé de Marseille, il préférait parler de philosophie et de Paul Ricoeur", faisait remarquer, moqueur, Gaspard Gantzer, ancien conseiller de François Hollande qui a régulièrement joué au foot avec le futur président, dans les colonnes de Libération.

Au fil de son mandat, le désormais quadragénaire continue d’afficher son amour pour la formation olympienne. À l’occasion de la présentation de son plan Marseille en grand en septembre 2021, le chef de l’État prend par exemple le temps de dîner avec Dimitri Payet, joueur star de l’OM.

• Macron aime se montrer proche de Mbappé

Le président essaie-t-il de bénéficier de l'aura du joueur du PSG - régulièrement cité parmi les personnalités préférées des Français? La question se pose tant il apprécie montrer sa proximité avec le jeune homme, parfois même physiquement.

En 2018, pendant la Coupe du monde en Russie, après la victoire de la France en finale, il le prend longuement dans ses bras sur le terrain devant les caméras du monde entier. 2 ans plus tard, en plein concours d'anecdotes avec les Youtubeurs McFly et Carlito, dans une tentative pour séduire les plus jeunes, Emmanuel Macron dégaine son téléphone pour appel en direct Kylian Mbappé. Et de demander au joueur du PSG s'il envisage de quitter son club de foot pour rejoindre l'OM, l'équipe préférée du président.

À l'automne dernier, rebelote. Le locataire de l'Élysée n'hésite pas à mouiller la chemise pour convaincre le prodige du football français de rester au PSG en l'appelant à plusieurs reprises.

"Il m'a appelé pour me dire: 'Je sais que tu veux partir. Je veux te dire que tu es aussi important en France. Je ne veux pas que tu partes. Tu as la possibilité d'écrire l'histoire ici. Tout le monde t'aime'", a expliqué Kylian Mbappé auprès de Sport Illustrated.

• Macron demande aux athlètes olympiques de ramener "beaucoup plus de médailles"

En 2021, la présidence reçoit les médaillés français des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo. Si la France ramène plus d'une trentaine de médailles après cette compétition internationale, ce n'est pas assez, juge le chef de l'État.

"Le bilan n'est pas tout à fait celui que nous attendions (...) À la maison, il faudra faire beaucoup plus", lâche Emmanuel Macron, fixant l'objectif que le pays fasse partie des cinq meilleures nations olympiques en 2024 pour les JO de Paris.

La méthode vise à mettre la pression aux athlètes tout en promettant "un plan massif pour les équipements sportifs de proximité". Plus largement, le quadragénaire suit de très près la préparation de cet évènement qui dépasse le simple cadre sportif.

• Macron s'oppose à une réforme de la Ligue des champions

Emmanuel Macron n'a pas non plus hésité à mettre les mains dans le cambouis concernant la réforme de la Ligue des champions, chapeautée par la FIFA en 2019. Estimant qu'elle désservait la France en "sacrifiant au bénéfice de quelques-uns au niveau européen la viabilité" du foot français, le président a reçu longuement Gianni Infantino, le secrétaire général de l'organisation internationale.

De quoi déplaire au numéro 1 de la FIFA qui dénonce quelques jours plus tard une "ingérence politique dans le sport" "pas appropriée" dans les colonnes de SoFoot. Même ton outré sur les bancs de la Fédération française de football par la voix de son président Noël Le Graët qui critique pourtant lui aussi cette réorme.

"Le président Macron est un ami qui soutient notre position, mais lorsqu'il s’exprime, quelques pays peuvent être très contrariés", juge le patron des clubs français.

• Macron joue la carte du foot à Alger pour réchauffer les relations

En plein déplacement en Algérie en août dernier, interrogé par des journalistes, le président se montre favorable à l'organisation d'une rencontre footballistique entre les Fenecs et les Bleus.

"Je pense que ce serait une bonne chose pour conjurer le passé", dit-il.

L'initiative irait bien au-delà du ballon rond. “Je pense que le sport doit réconcilier", explique ainsi le chef de l’État. Des déclarations qui ont d’autant plus de sens politiquement que cette visite intervient après des mois de brouilles avec son homologue Abdelmadjid Tebboune, notamment autour de la colonisation française.

Le premier match entre la France et l'Algérie depuis l'indépendance en 2001 est resté le dernier. Et pour cause: l'événement, imaginé pour rapprocher les deux pays, avait abouti à un fiasco symbolisé par une Marseillaise sifflée et des envahissements de terrain durant la seconde mi-temps.

Article original publié sur BFMTV.com