"On ne fait plus de médecine" : un ancien urgentiste explique pourquoi il a démissionné

Solenne Le Hen

Huit cent postes de médecins urgentistes seraient vacants partout en France, selon le magazine Le Point, qui publie jeudi 22 août son palmarès annuel des hôpitaux. L'un des facteurs de cette pénurie, c'est les démissions. Partout, des médecins démissionnent, à cause de la crise actuelle des urgences, mais pas seulement. Le docteur Franck Perruche a choisi d'abandonner les urgences de l'hôpital Cochin parce qu'il trouvait les gardes, les horaires, les prises en charges difficiles et usantes.

On vieillit rarement aux urgences

Ce médecin généraliste, dont le cabinet est à Paris, a été urgentiste à l'hôpital Cochin pendant huit ans. "J’ai vu moins d’infirmiers, j’ai vu des prises en charge de plus en plus complexes, explique-t-il, avec des services hospitaliers qui derrière jouent pas forcément le jeu. On doit appeler des services le matin, on ne fait plus de médecine. On fait vraiment du papier, on place les patients, on doit négocier les places. C’est ça qui m’usait à la fin..."

Franck Perruche explique aussi que l'on vieillit rarement aux urgences. "C’est une médecine de jeunes," affirme-t-il.

C’est une médecine où physiquement, il faut quand même y aller. On est debout, on marche, on se dépêche, donc il faut avoir quand même physiquement et psychiquement une certaine base solide.

Franck Perruche


"On ne se couche pas, ou peu, et quand on se couche on est en mode sur le qui-vive, décrit le médecin. On alterne des jours, des nuits, et au (...)

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