"Je ne suis pas encore morte" : l'écrivaine Lacy M. Johnson raconte son calvaire

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Une porte s'ouvre, une jeune femme la franchit en titubant. Libre, après avoir été séquestrée pendant cinq heures, violée et menacée de mort par son ex-compagnon. "Voici la version courte", le postulat de départ d'un témoignage qui ne se limite pas au crime, mais traduit l'emprise d'un homme sur une femme deux fois plus jeune que lui. Elle a 19 ans, vient de quitter "la ville qui n'avait que trois feux de circulation et un marchand de glaces", et cumule les "boulots de merde" pour payer ses cours à la fac.

Lui, son professeur d'espagnol, rentre d'un "tour des océans et des continents en auto-stop", lui propose d'emménager avec lui pour se consacrer à ses études et l'éloigne peu à peu de ses proches. "Et tout commence comme ça : il offre tout ce que je ne savais pas que je voulais, demande en échange tout ce que je n'ai pas encore appris à donner." Elle devient dès lors le "miroir qui reflète son pouvoir, tout le temps". Pour survivre, l'esprit apprend à se détacher du corps, refuse de voir autre chose que des preuves d'amour dans les coups et les humiliations. Mais "quand l'esprit oublie, le corps se souvient", et se libérer de l'étau ne signifie pas pour autant parvenir à se reconstruire.

Des pages bouleversantes sur ses enfants 

À travers un kaléidoscope de souvenirs, de son enfance à son quotidien d'épouse et de mère de deux enfants, Lacy M. Johnson décrit comment elle s'est absentée d'elle des années avant et après avoir été séquestrée ce 5 juillet 2000, "à la fois vivan...


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