"Je ne céderai rien à ces gens-là": Macron répète sa volonté de lutter contre l'islamisme

Clarisse Martin
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Emmanuel Macron au Panthéon le 4 septembre 2020 - AFP / Julien De Rosa
Emmanuel Macron au Panthéon le 4 septembre 2020 - AFP / Julien De Rosa

Relation entre la France et les pays d'Afrique, opération Barkhane au Sahel... Emmanuel Macron a accordé une longue interview à l'hebdomadaire Jeune Afrique dans laquelle il a balayé plusieurs sujets d'actualité et notamment sa détermination à lutter contre l'islam radical.

Interrogé sur ses propos sur la liberté d'expression et les caricatures du prophète Mahomet après l'assassinat de Samuel Paty, le président de la République a répondu regretter "qu'on ait déformé (ses) propos".

"Je respecte chaque religion"

"Je respecte chaque religion. Si vous lisez mes discours depuis que j'ai commencé la vie politique, j'ai été constant en la matière. Mais lorsque j'ai décidé, dès le début de mon quinquennat, de m'attaquer à l'islam radical, mes propos ont été déformés. Par les Frères musulmans, assez largement, mais aussi par la Turquie, avec une capacité à influer sur beaucoup d'opinions publiques, y compris en Afrique subsaharienne. Je ne m'attaque pas à l'islam, je m'attaque au terrorisme islamiste, sachant que plus de 80 % des victimes d'attentats terroristes islamistes dans le monde sont des musulmans", déclare Emmanuel Macron.

"Quand j'ai rendu hommage à Samuel Paty, j'ai dit que nous défendrons ce qui est un droit: celui de blasphémer et de caricaturer sur notre sol. Je n'ai pas dit que je soutenais les caricatures", a poursuivi le chef de l'Etat.

Après la décapitation du professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Emmanuel Macron avait défendu le droit à la caricature et la liberté d'expression au cours de l'éloge funèbre de l'enseignant.

"Nous défendrons la liberté, que vous enseigniez si bien, et nous porterons haut la laïcité. Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d'autres reculent", avait-il déclaré dans la cour de la Sorbonne.

"Le monde devient fou"

Auprès de Jeune Afrique, Emmanuel Macron a également rappelé qu'"en janvier 2015, quand les journalistes de Charlie Hebdo étaient assassinés au nom d'Allah, des dirigeants musulmans sont venus défiler dans nos rues. Et aujourd'hui, alors qu’un professeur a été décapité parce qu’il enseignait la liberté d'expression, il faudrait s'excuser? Le monde devient fou. Je ne céderai rien à ces gens-là", a-t-il conclu.

Des propos qui font écho à ceux tenus il y a quelques jours par le chef de l'Etat lors d'un entretien accordé à la revue Le Grand Continent:

"Il y a cinq ans, quand on a tué ceux qui faisaient des caricatures (dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo, NDLR), le monde entier défilait à Paris et défendait ces droits", avait-il déjà souligné.

Article original publié sur BFMTV.com