"Je ne baisserai pas les yeux": Taha Bouhafs répond au PCF et défend sa candidature aux législatives

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Législatives: à gauche la candidature de Taha Bouhafs n'en finit pas de faire parler, le journaliste se défend - JOEL SAGET / AFP
Législatives: à gauche la candidature de Taha Bouhafs n'en finit pas de faire parler, le journaliste se défend - JOEL SAGET / AFP

"Je ne baisserai pas les yeux, je rendrai chaque coup reçu au centuple" suivi de l'émoji épées qui croisent le fer. L'investi LFI Taha Bouhafs s'est vivement défendu ce lundi, tandis que sa candidature dans la 14e circonscription du Rhône créé des remous dans la gauche fraîchement réunie.

Invité quelques heures plus tôt des "4 Vérités" sur France 2, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, avait demandé à La France insoumise de "revoir" la candidature du journaliste militant Taha Bouhafs aux législatives à Vénissieux, pour "créer les conditions de gagner" dans cette circonscription.

Candidature contestée

"Je ne comprends pas que La France insoumise puisse présenter quelqu'un sous ses couleurs qui a été condamné en première instance pour injures raciales", a encore déploré le député du Nord, alors que cette circonscription a été réservée à LFI par l'accord de la Nupes. L'élu faisant référence à l’amende de 1.500 euros reçue par Taha Bouhafs il y a quelques mois, pour avoir qualifié la syndicaliste policière Linda Kebbab d’"arabe de service" sur Twitter.

"Nous demandons à La France insoumise de revoir cette candidature et de créer les conditions de gagner là-bas face à En marche et au Front national", a ajouté Fabien Roussel.

Le parti communiste soutient sur place la maire actuelle, Michèle Picard. Cette dernière se considère comme la plus légitime pour incarner la gauche sur cette zone et n'a pas hésité à qualifier la candidature du jeune homme de 25 ans de "parachutage".

Tweets incendiaires

La réponse de l'intéressé ne s'est pas fait attendre. Dans une série de tweets supprimés dans la foulée, Taha Bouhafs a fustigé le PCF: "Après avoir fait perdre la gauche aux présidentielles, essayez de ne pas faire capoter les législatives aussi", a-t-il écrit dans des messages qu'ont eu le temps de consulter plusieurs journalistes, dont l'AFP.

"Vous devez respecter l'accord que vous avez signé et retirer votre candidate cumularde", a lancé le journaliste militant, en citant les mandats de sa rivale, Michèle Picard, avant de supprimer. Il y rappelait que Michèle Picard est maire depuis 2009 et vice-présidente de la métropole de Lyon, depuis 2020, et indiquait à tort qu'elle est conseillère régionale, mais elle ne l'a jamais été.

Il a également relévé que Mme Picard était "surtout candidate perdante aux législatives 2012 et 2017 arrivant quatrième derrière LFI" à ce dernier scrutin, et quatrième en 2012, derrière le PS, le FN et l'UMP, sous l'étiquette Front de gauche.

Quelques heures plus tard, un tweet est publié à la place des précédents. "Le traitement qui m’est réservé par la classe médiatique et politique est celui que les quartiers populaires subissent depuis des années. Je ne baisserai pas les yeux, je rendrai chaque coup reçu au centuple", prévient Taha Bouhafs, dans un message également supprimé.

Soutien sans faille

Le candidat a reçu à cette occasion le soutien de la figure du NPA, Philippe Poutou. "Il y a des candidatures qui dérangent, et c’est aussi pour ça qu’elles doivent être soutenues!", a-t-il affirmé.

Interrogé par Public Sénat sur le rififi qui entoure la 14e circonscription du Rhône, Alexis Corbière a botté en touche: "C'est possible qu'à certains endroits, ça frotte un peu (...) Le général, c'est que ça se passe bien (...) J'affirme qu'il y a plus de problèmes au sein de La République en marche qu'au sein de la Nupes."

"Je m'adresse à Fabien Roussel (...) ne t'enferme dans le rôle de vouloir uniquement exacerber des petits problèmes (...) Ne profite pas des médias pour avoir une discussion sur le sujet", a-t-il ajouté, pressé de s'exprimer sur cette question.

Du côté du négociateur en chef, on rappelle les bases de l'accord "politique, programmatique, électoral" trouvé à gauche, dans lequel "chaque organisation politique choisit librement ses candidats. Ce n'est pas Fabien Roussel qui va choisir les candidats de la France insoumise", a expliqué Manuel Bompard sur franceinfo, reconnaissant "deux-trois situations" où "les candidats sont contestés".

Quelques jours plutôt, Adrien Quatennens défendait sur notre antenne le jeune homme. "Un journaliste talentueux", a constaté le député du Nord, expliquant ne pas connaître exactement l'affaire pour laquelle il a été condamné.

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À Vénissieux, la bataille des législatives commence sur les dents. Après la réponse de Taha Bouhafs sur Twitter, son rival Bruno Attal, syndicaliste policier investi par Reconquête! interrogé par France 2 n'hésite pas à qualifier le journaliste "d'extrémiste du 21e siècle" et de "danger". Michèle Picard en remet une couche, en évoquant un candidat "clivant", "qui divise". Contacté, l'intéressé n'a pas souhaité répondre à la chaîne publique.

Article original publié sur BFMTV.com

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