N'Djamena et Bangui veulent une enquête internationale après un incident à la frontière

·2 min de lecture
N'DJAMENA ET BANGUI VEULENT UNE ENQUÊTE INTERNATIONALE APRÈS UN INCIDENT À LA FRONTIÈRE

(Reuters) - Le Tchad et la République centrafricaine ont demandé aux Nations unies et à l'Union africaine (UA) d'enquêter sur un incident survenu à un poste frontalier au cours duquel au moins six soldats tchadiens ont été tués par des troupes centrafricaines, selon un communiqué conjoint publié mardi.

"Les deux parties ont reconnu la gravité de la situation et soulignent l'urgence de clarifier les circonstances dans lesquelles cette attaque a été menée", ont déclaré les ministres des Affaires étrangères des pays dans le communiqué.

Dimanche, le ministère tchadien de la Défense a déclaré que les troupes centrafricaines avaient attaqué un poste militaire tchadien, tué un soldat, et enlevé et exécuté cinq autres. Des actions qui, selon lui, constituent un crime de guerre.

De leur côté, les autorités centrafricaines ont déclaré qu'une fusillade avait éclaté par erreur alors que leurs soldats poursuivaient un groupe rebelle près de la frontière tchadienne, entraînant la mort de militaires des deux côtés. Elles n'ont pas précisé le nombre de victimes centrafricaines.

Un porte-parole de l'armée tchadienne a déclaré mardi à Reuters que des troupes supplémentaires avaient été déployées à la frontière en réponse à l'incident.

"Nous avons été attaqués sur notre territoire par l'armée d'un pays voisin. Pour que ce genre de chose ne se répète pas, nous sommes obligés de renforcer la sécurité à la frontière", a déclaré le général Azem Bermandoa Agouna.

Une délégation de la République centrafricaine s'est rendue au Tchad mardi et a rencontré Mahamat Idriss Deby, le fils du défunt président tchadien Idriss Deby et chef du conseil militaire de transition.

Après la rencontre, les représentants des deux pays ont convenu qu'une commission d'enquête internationale composée d'agents de l'Onu, de l'UA et d'autres organisations régionales devrait être formée pour enquêter sur l'incident.

"Soucieuses de préserver les liens séculaires de fraternité et d'amitié, tissés par la géographie et l'histoire, les deux parties s'engagent à mettre en œuvre les conclusions du rapport de la commission internationale d'enquête", indique le communiqué.

(Madjiasra Nako et Mahamat Ramadane ; version française Hayat Gazzane, édité par Myriam Rivet)